Depuis 2020 et la pandémie, nous avons lancé notre festival de cinéma, le Villa Film Festival dont c'est la quatrième édition. Les films que nous regardons comblent les soirées libres où nous n'avons pas trouvé de places ou de films pour le Festival Lumière.
Hier donc, j'ai regardé un film mexicain de 1960, El esqueleto de la Señora Morales
Le Docteur Pablo Morales est taxidermiste au grand désespoir de son épouse, Gloria, de ses voisines, des amies de sa femme et du Curé qui trouvent ce métier répugnant. Pablo aime ce qu'il fait, aime la vie, les enfants, boire avec ses amis, jouer avec les animaux vivants, la photographie. Il achète d'ailleurs un superbe appareil photo. Mais chez lui, Gloria lui fait vivre un enfer. Chaque jour, chaque fois qu'elle le croise, elle lui demande de se désinfecter les mains, lui dit tout son dégoût, se plaint de sa mauvaise santé car elle est handicapée d'un genou. Cette grenouille de bénitier est entourée et encouragée par le prêtre de la paroisse et d'autres bigotes. Pablo pourtant garde son calme. Un jour cependant, elle simule une agression forçant Pablo a fuir la maison pour quelques heures. A son retour, la maison est remplie des proches de Gloria qui constatent toutes les contusions faites sur son visage alors même que Pablo n'a jamais levé la main sur elle. Les proches partis, alors que Pablo tente un énième rapprochement avec Gloria, cette dernière détruit son appareil photo. Son mari, pour la toute première fois, échafaude un plan pour mettre fin à son calvaire...
Cette comédie noire à suspens psychologique est un petit bijou. Certes, on comprend très vite ce qui va arriver mais c'est très bien écrit. Les plans sont plutôt modernes, il y a même un certain esthétisme. On s'attache inexorablement à Pablo joué par Arturo de Cordova (1908-1973) et l'on arriverait presque à comprendre sa perte de patience avec Gloria magistralement interprétée par Amparo Rivelles (1925-2013).
El esqueleto de la Señora Morales / Le squelette de Madame Morales est un film à voir avec un réel plaisir.
La scène suivante est grandiose. Alors que tout le monde pense qu'en l'absence de son épouse partie prier à l'église, Pablo couche avec sa jeune bonne, on comprend dans cette scène la relation qui se passe entre eux. Pour celles et ceux qui ne parlent pas espagnol, Pablo demande à sa bonne que maintenant qu'ils sont seuls ils vont enfin avoir l'occasion. Si l'on suit les regards des deux protagonistes, on imagine que les ragots sont vrais jusqu'au moment où Pablo demande... qu'elle lui fasse cuire un épais steak ! En effet, le pauvre Pablo est privé de viande par son épouse car cela lui rappelle l'odeur des animaux qu'il empaille.
Frédéric ne sachant pas qu'il partait en Tchéquie, il rate le film que je suis allé voir au Pathé Bellecour. Cette avant-première est présentée par Thierry Frémaux (1960) en présence du réalisateur Emmanuel Courcol (1957) et Irène Muscari (?) sortira le 27 novembre prochain.
Thibaut est un grand chef d'orchestre mondialement connu. Alors qu'il dirige des répétitions, il fait un malaise. Les médecins lui apprennent qu'il souffre d'une leucémie et qu'il doit être greffé. Il se tourne alors vers sa sœur mais le test est négatif et pire, il indique qu'ils n'ont aucun lien de parenté. La mère de Thibaut avoue alors un secret de famille qu'elle cache depuis 35 ans, il a été adopté. Mais Thibaut a un frère lui aussi adopté mais dans une autre famille du Nord. Musicien lui aussi, il joue dans une fanfare...
En fanfare est un film qui font se rencontrer la musique classique et la musique de fanfare, un homme qui a réussi et un employé de cantine, un monde ou l'argent est moins un problème que dans l'autre, bref une opposition entre deux mondes qui ne sont pas appelés à se rencontrer. Le lien pour les rapprocher : la musique. C'est un film drôle et émouvant à la fois et la fin n'est sans doute pas celle que l'on attend dans une comédie mais c'est ce qui le rend plus attachant encore.
Personnellement, j'ai un peu de mal avec le comédien Pierre Lottin (1989) qui a un jeu étrange. Je pense qu'on peut compter sur les doigts de la main les fois où il regarde ses partenaires dans les yeux. Il a un regard fuyant tout le long du film. Même si cela fait partie de la psychologie du personnage, c'est pénible à la longue. Sa voix et le débit de ses paroles me faisait pense à quelqu'un et j'ai trouvé. Il a la même diction que le comédien Jean-Michel Tinivelli (1967).
Pour la première fois depuis sa reconstruction il y a un peu plus d'un an, nous nous sommes rendus au cinéma UGC Ciné Cité Part-Dieu en traversant les allées désertes du centre commercial. Nous poursuivons en effet notre Festival Lumière avec un film franco-québécois réalisé par Xavier Dolan (1989). Ce dernier était d'ailleurs l'invité de cette projection et il nous a présente le film qu'il a réalisé et qui est sorti en 2012, Laurence anyways.
Nous sommes en 1989, Laurence Alia est professeur de lettres au Québec. Il est en couple avec Fred qui elle, travaille dans l'univers du cinéma. Alors qu'elle lui fait la surprise de l'emmener à New York City pour fêter son anniversaire, Laurence refuse ce cadeau et lui annonce qu'il est une femme transgenre et qu'il / elle n'a jamais osé en parler avant... Le choc digéré, Fred décide de l'accompagner dans son projet de transformation...
Xavier Dolan apporte, en 2012, sa pierre à l'édifice pour mettre en avant cette réalité que certains humains naissent avec un sexe qui ne leur correspond pas. Il montre combien dans les années 90, il était difficile pour eux / elles de se dévoiler. Si depuis des avancées ont été faites, il est encore très compliqué d'affronter le regard des autres. C'est d'ailleurs un très beau travail que Xavier Dolan nous offre en nous montrant les visages des gens que croisent Laurence lorsqu'elle franchit le pas en s'habillant en femme. C'est un film qui questionne énormément et qui sort, du point de vue des plans, de ce qui peut-être fait dans la majorité des films. Le réalisateur prend le temps pour cadrer, il effectue des changements de scènes qui deviennent quasiment des chefs d'œuvres en mêlant couleurs, atmosphère, décors, personnages. C'est une véritable prouesse esthétique.
Notons le très bon jeu de Melvil Poupaud (1973) que nous apprécions de plus en plus mais également celui de Nathalie Baye (1948) dans le rôle de sa mère. Côté québécois, Suzanne Clément (1969) est une découverte.
Petite particularité, le film est sous-titré pour comprendre les expressions québécoises.
Enfin, notons deux chansons qui nous ont donné envie de danser : Fade to grey (1980)de Visage et Betty Davies eyes (1981)de Kim Carnes.
La cérémonie d'ouverture de la 16e édition a eu lieu hier au soir à la Halle Tony Garnier et nous y étions comme chaque année.
L'exercice de cette soirée est rodé et nous avons droit aux habituels rituels. La salle se remplit puis les artistes entrent en scène. Citons Costa-Gavras, Tim Burton, Monica Bellucci, Virginie Ledoyen, Vanessa Paradis, Lambert Wilson, Benicio del Toro, Tawfik Alzaidi, Vincent Lindon, Denis Ménochet, Alexandra Lamy, Régis Debray, Marilyne Canto, Hiam Abbass, Angela Molina, Denis Podalydès, Samuel Kircher, Laurent Gerra, Gustave Kervern, Sabine Azéma, Anne Le Ny, Younès Boucif, Giuseppe Tornatore...
La soirée est lancée.
Les organisateurs ont voulu faire une surprise aux spectateurs en rendant hommage au regretté Michel Blanc, en lançant un karaoké sifflé puis chanté de l'inoubliable Quand te reverrai-je sur l'air D'étoile des neiges. Mais comme le dira plus tard le Maître de Cérémonie Thierry Frémaux, "On voulait vous faire un cadeau, c'est vous qui nous en faites un, c'était très beau, très émouvant." Car les amoureux du cinéma ont allumé les lampes de leurs téléphones portables dans une Halle Tony Garnier plongée dans le noir en entonnant a cappella cette même chanson. Avec l'entrée dans la salle de Jean-Paul Belmondo il y a quelques années, son hommage quelques années plus tard, c'est sans doute le moment le plus émouvant de ce Festival Lumière. Ce genre de moment qui vous procure des frissons et qui vous vont dresser les poils sur les bras.
Si cette édition 2024 vient récompenser Isabelle Huppert avec le Prix Lumière, un Prix Lumière Spécial a été décerné au cinéaste franco-grec Costa Gavras, extrêmement ému, pour l'ensemble de sa carrière.
Et puis, c'est le moment de citer la traditionnelle phrase qui ouvre cette semaine de fête du cinéma à Lyon dans sa Métropole. Si habituellement, le public répète cette phrase après les artistes, ce soir, c'était l'inverse. Les artistes sont montés sur scène avec la chanson Nuit de folie du groupe Début de Soirée.
Place au film de ce soir sorti en 1946 et tourné entièrement à Lyon par Christian Jaque (1904-1994) et mettant en scène l'incroyable et déroutant Louis Jouvet (1887-1951), Gaby Morlay (1893-1964), le tout jeune François Périer (1919-2002), Marguerite Moreno (1871-1948)... dans un film intitulé Un revenant.
Un homme entre dans un appartement à Lyon qu'il semble connaître et offre des fleurs à sa locataire qui le prend pour un fou. L'homme se fait appeler Jean-Jacques et dit être un revenant. Dans la rue, il croise un vieil ami, Edmond Gonin qui prend la fuite et se réfugie chez lui où il retrouve son épouse, Geneviève. Jean-Jacques sonne à la porte du domicile des époux Gonin. Edmond affirme que Geneviève est morte. Jean-Jacques rencontre également le frère de Geneviève, Jérôme Nizard et son fils François. Jean-Jacques raconte comment 20 ans plus tôt, il a du quitter Lyon, blessé par balle. Il apprend que ses agresseurs ne sont autres que ce trio infernal. Alors que Jean-Jacques est devenu un Directeur de Ballet International, il décide de se venger...
Le Festival Lumière nous permet une fois de plus de faire une découverte de ce film que nous ne connaissions pas et cerise sur le gâteau, de nous montrer des plans de Lyon au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Le scénario est convaincant et on se laisse facilement entraîner dans cette vengeance d'un homme trahi par celle qu'il aimait et par ses amis d'alors. Même si l'histoire est dramatique, elle n'est pas dénuée d'une bonne dose d'humour emmenée par un formidable Louis Jouvet, ce pince sans-rire, habitué des répliques chocs. Notons également la très bonne interprétation de Marguerite Moreno qui joue le rôle de Tante Jeanne qui est l'élément comique de cette tragédie. Enfin, applaudissons la prestation du jeune François Périer dans ce rôle du jeune fils de bonne famille qui tombe éperdument amoureux d'une meneuse de ballet et qui sera l'un des éléments de la vengeance de Jean-Jacques Sauvage.
Voici déjà la 16e édition du Festival Lumière qui pointe son nez. Aujourd'hui, le Prix Lumière 2024 a été dévoilé. Après :
2009 : Clint Eastwwod (1930)
2010 Milos Forman (1932-2018)
2011 : Gérard Depardieu (1948)
2012 : Ken Loach (1936)
2013 : Quentin Tarantino (1963)
2014 : Pedro Almodovar (1949)
2015 : Martin Scorsese (1942)
2016 : Catherine Deneuve (1943)
2017 Wong Kar-wai (1958)
2018 : Jane Fonda (1937)
2019 : Francis Ford Coppola (1939)
2020 : Jean-Pierre Dardenne (1951) et Luc Dardenne (1954)
2021 ; Jane Campion (1954)
2022 : Tim Burton (1958)
2023 : Wim Wenders (1945)
c'est au tour de l'actrice et productrice Isabelle Huppert (1953) d'avoir l'honneur de le recevoir nous proposant comme à chaque fois de (re)découvrir certaines des oeuvres de cette artiste.
Pour rappel, la 16e édition aura lieu cette année du 12 au 20 octobre.
C'est le dernier film de cette 4e édition du Villa Film Festival et c'est un film sorti en avril qu'OCS nous permet déjà de regarder depuis notre salon.
Les Trois Mousquetaires : D'Artagnan est le premier d'une dilogie réalisée par Martin Bourboulon (1979) dont le second sortira le 13 décembre 2023, Les Trois Mousquetaires : Milady.
Alors que D'Artagnan qui a quitté sa Gascogne natale arrive près de Paris, il intervient lors d'une tentative d'enlèvement. La victime le prend pour l'un de ses agresseurs et lui tire dessus. Une étrange femme, cheffe de la bande, ordonne d'enterrer les morts. D'Artagnan n'est que blessé et parvient à sortir de sa tombe creusée à la hâte par l'un des bandits. Il rejoint la compagnie des Mousquetaires qu'il souhaite intégrer après sa rencontre avec le Capitaine de Tréville. Mais il se heurte tour à tour à trois mousquetaires, Athos, Porthos et Aramis qui le défient en duels. Alors que les mousquetaires réalisent qu'ils sont trois à vouloir le tuer, les quatre hommes se font encercler par les hommes du Cardinal de Richelieu...
Si l'on connait par cœur ce classique de la littérature paru en 1844 et écrit par Alexandre Dumas (1802-1870), cette version est une adaptation assez sombre et plus psychologique. Les personnalités des héros sont en effet plus approfondies, plus analysées. Avec la lumière, les costumes, le film semble être noir et triste. Cela donne cette sensation d'accentuer le drame, de nous focaliser sur l'intrigue avec de nombreux combats d'épées, de pistolets ou de mousquets. Même la fête au château du Duc de Buckingham reste dans cette atmosphère pesante. Les uniformes des mousquetaires sont bien loin de ceux que l'on nous avait habitué jusqu'à maintenant et s'intègrent parfaitement dans cette sombre version. Ces mousquetaires nous apparaissent plutôt comme une bande de bandits de par leur tenue vestimentaire. Ils sont incarnés par François Civil (1990) D'Artagnan, Vincent Cassel (1966) Athos, Pio Marmaï (1984) Porthos et Romain Duris (1974) Aramis. Un autre personnage est omniprésent, Milady de Winter jouée par Eva Green (1980).
Nous avons par contre un rappel de nos cours d'histoire car nous ne nous souvenions pas que c'était à cette période que sont ressortis les terribles affrontements entre Catholiques et Protestants dans le Royaume de France. Nous n'avons pas de souvenir non plus que ce sujet avait autant d'importance dans le livre ou d'autres versions. Car Les Trois Mousquetaires est une source d'inspiration pour le cinéma. Il n'existe pas moins de 43 versions entre 1912 et 2023 !
Nous terminons ce 15e Festival Lumière en salle au cinéma Pathé Bellecour pour voir un péplum sorti en 2000, Gladiator.
Le péplum était un genre très apprécié dans les années 50 et 60. Il disparait peu à peu des salles de cinéma dans les années 70 pour se faire de plus en plus discret. C'est le réalisateur britannico-américain Ridley Scott (1937) qui le remet au goût du jour en l'an 2000 avec un film à gros budget. Il décide de raconter l'histoire d'un Général romain qui devient esclave puis gladiateur à l'époque du règne de l'Empereur de Rome (161-180) Marc Aurèle (121-181) puis de celui de son fils Commode (161-192) Empereur de Rome (180-192). La fille de Marc Aurèle fait également partie de l'histoire, Lucilla (149-182).
Voici la carte du territoire de l'Empereur Marc Aurèle en 180.
En Germanie, le Général ibérique Maximus Decimus Meridius lance ce qu'il pense être son ultime bataille en présence de l'Empereur Marc Aurèle. Après une victoire totale de Maximus, celui-ci est félicité par Marc Aurèle ainsi que par sa fille Lucilla et son fils Commode. L'Empereur invite Maximus, qu'il considère comme son fils, dans sa tente et lui confie sa volonté de lui donner le pouvoir pour qu'il garantisse la Paix Romaine et qu'il rende le pouvoir au Sénat. Il à l'attention d'écarter son fils Commode de sa succession. Ce dernier n'entend pas se faire voler sa place et tue son père. Il demande également à ses soldats de tuer Maximus puis sa femme et son fils en Hispanie. Si le Général survit, il arrive trop tard pour sauver sa famille. Blessé, il devient esclave et est vendu en Maurétanie césarienne à un laniste; entraîner et propriétaire de gladiateurs, Proximo. Maximus n'a alors qu'une idée en tête : devenir le meilleur, retourner à Rome et venger sa famille...
On atteint un niveau de violence extrême, de combats, d'exécutions, de mises à mort tous plus sanglants les uns que les autres. Les décors sont grandioses, les moyens déployés sont énormes. Sur grand écran, les combats sont impressionnants.
Je ne suis pas fan de Russell Crowe (1964) qui joue Maximus mais on le sent très investi dans son rôle. Joaquin Phoenix (1974) a la tête de l'emploi dans son interprétation de Commode, fragile mais rendu fou de jalousie et de cruauté. Du coup, ce pauvre acteur, quoi qu'il interprète, garde pour moi cette aversion que je ne parviens pas à contrôler. Je crois que si je le croisais dans la rue, je lui tirerai des baffes.
La bande son est sublime et certains morceaux sont entrés dans nos mémoires collectives.
Du grand spectacle tel qu'Hollywood sait les faire. Notons d'ailleurs que Gladiator 2 est prévu dans les salles en 2024.
Ce titre, peu glorieux et raciste, est celui d'un film d'animation franco-italo-suisse d'Alain Ughetto (1950) sorti en 2022. Le réalisateur utilise une phrase placardée sur certains établissements en pleine période d'immigration italienne et raconte cette histoire de l'immigration italienne dans notre Histoire nationale. Bien entendu, rien de raciste dans ce film, bien au contraire.
Interdit aux chiens et aux Italiens a été primé au Festival International du Film d'Animation d'Annecy en 2022 et au Prix du Cinéma Européen de la même année.
Alain Ughetto raconte l'histoire de sa famille, qui aurait pu être celle de ces milliers d'Italiens ou d'immigrés venus des quatre coins du monde, qui sont venus aider la France à se moderniser puis à se reconstruire au XIXe siècle. Le film raconte pourquoi ces personnes ont été forcées d'émigrer en France et dans quelles conditions elles ont vécu ces arrivées, ces changements de vie. Le scénario est simple. Si on s'amuse de certaines scènes, beaucoup sont très émouvantes alors que d'autres sont tout simplement révoltantes.
Nous avons beaucoup aimé la technique d'animation d'image par image avec ces personnes en pâte à modeler mais surtout l'intervention du bras du réalisateur qui fait également la voix masculine du film, sa relation avec sa grand-mère qui lui raconte l'histoire de sa famille. On se sent parfois gêné d'entrer dans cette intimité familiale mais on comprend vite que c'est pour mieux comprendre ces mouvement de migrations.
Ce film d'animation, avec des techniques anciennes, est un bijou et devrait être diffusé dans les établissements scolaires et ailleurs également face à ce monde où l'on entend continuellement critiquer les immigrés présents chez nous. N'oublions pas que ce sont eux aussi qui forgent la France, qui forgent nos pays.
Notons que le film a été fabriqué près de Valence dans le Département de la Drôme.
Vous connaissez notre goût du Japon et c'est tout naturellement vers un film japonais que nous nous sommes tournés hier au soir dans le cadre de notre 4e Villa Film Festival.
Le film est sorti en France en 2022 et est réalisé par Akiko Ohku (1968) qui met toute sa vision féminine dans cette comédie romantique intitulée : Tempura.
Mitsuko est célibataire peu sociable et qui aime à rester éloignée des autres. Elle travaille, a une seule amie à son bureau et une autre amie qui vit en Italie. Mitsuko entretient une conversation continue avec une voix intérieure qui n'est autre qu'elle même. Elle lui apparaît pourtant par une voix masculine. Elle essaie d'occuper son temps en fréquentant des ateliers pour fabriquer des sampuru, ces faux aliments qui présentent les plats dans les vitrines de restaurant. Elle est fière de sa fabrication : des tempuras. Au bureau, elle fait la rencontre d'un jeune homme, Tada Kun, qui semble vouloir se rapprocher d'elle en lui commandant des repas car Mitsuko aime cuisiner...
Encore un film assez particulier qu'il est nécessaire de suivre avec beaucoup d'attention. C'est un film romantique qui parle beaucoup de solitude, de la place de la Femme et de l'Homme dans la société japonaise actuelle et surtout des relations très compliquées que les deux sexes entretiennent. C'est déroutant, drôle, fantaisiste, émouvant voir triste mais c'est surtout lent, parfois beaucoup trop. La scène dans l'avion où des kanjis colorés flottant dans l'air apparaissent est très belle mais on regrette toutefois aucune traduction de ces caractères.
Hier au soir, c'était un retour en salle pour nous à Lumière Terreaux pour le Festival Lumière. A l'affiche, un film de 2004 du réalisateur français Michel Gondry (1963), film américain car le réalisateur fait des films là-bas également. Un titre à rallonge souvent raccourci à Eternal sunshine. Son véritable titre étant Eternal sunshine of the spotless mind.
C'est un autre réalisateur français, très intéressant, qui nous introduit le film., Philippe Le Guay (1956).
Joel rencontre Clémentine sur une plage. Pourtant si différents, ils tombent follement amoureux. Le temps passe, Joel est déprimé car sa Clémentine l'a quitté. Il ne s'en remet pas et ne comprend pas pourquoi elle fait comme si elle ne se souvenait plus de lui. Et pour cause, des amis à lui lui révèlent qu'une entreprise spécialisée dans l'effacement des souvenirs, a gommé les souvenirs qu'elle avait avec lui. Meurtri, Joel décide de faire de même et fait appel à cette entreprise. Malgré ce traitement, les souvenirs qu'il a d'elle ne semblent pas vouloir s'effacer et Joel s'accroche à eux quitte à les déplacer ailleurs dans sa mémoire...
Autant vous dire qu'il faut s'accrocher et suivre avec une extrême attention chacune des scènes car il est très facile de se perdre dans les méandres du cerveau de Joel. A cela viennent s'ajouter les scènes des membres de l'équipe censée effacer ses souvenirs. C'est un joli film, qu'il faut revoir pour parfaitement le comprendre et l'apprécier. Si j'avais un mouvement de recul pour un film de Jim Carrey (1962), il est étonnant dans cette interprétation très éloignée des pitreries grotesques habituelles. Kate Winslet (1975) apparaît complètement déjantée. Notons les présences de Kirsten Dunst (1982), Mark Ruffalo (1967), Elijah Wood (1981) que Frédéric avait reconnu mais pas moi sous les traits de Frodon Sacquet dans la trilogie Le Seigneur des anneaux.
Le rythme est lent, la musique douce, le thème compliqué et il n'est pas rare de piquer du nez surtout après une nuit courte et agitée d'aller retours aux toilettes en ce qui me concerne.
Comme nous en avons pris l'habitude depuis la pandémie, nous avons créé en octobre 2020 notre propre festival de cinéma, le Villa Film Festival. Nous l'organisons en même temps que le Festival Lumière pour combler les soirées où nous ne sommes pas dans une salle. C'était le cas hier.
Pour cette quatrième édition, nous avons lancé les festivités avec un film documentaire du Prix Lumière de cette année, l'allemand Wim Wenders (1945).
Pas emballé par ses films, nous avons trouvé un documentaire sorti en 1985 et intitulé Tokyo-Ga.
Ce documentaire porte sur la ville de Tokyo et sur la réalisateur japonais Yasujiro Ozu (1903-1963) qui a une rétrospective au Festival Lumière actuellement.
Nous pensions voir les films d'Ozu en extraits, seuls deux sont montrés en début et en fin du documentaire, tous les deux issus du même film : 東京物語, / Voyage à Tokyo.
C'est une grande déception !
Le documentaire est dans le style de celui des années 80 avec un rythme extrêmement lent. La voix et la diction de Wim Wenders sont ennuyants et soporifiques à souhait. On a l'impression parfois de regarder des films que l'on nous proposerait dans le cadre de la Biennale de Lyon d'Art Contemporain. Seuls intérêts : l'interview du caméraman d'Ozu et la partie sur la création des plats en cire et quelques prises de vues... sinon rien de bien intéressant.
Dimanche, en fin d'après-midi, nous nous sommes rendus dans le 8e arrondissement de Lyon, Rue du Premier Film pour aller à l'Institut Lumière. Tout le quartier est aux couleurs du Festival Lumière.
C'est là que se trouve actuellement le Village du Festival qui regroupent un marché du DVD, une librairie du cinéma, la boutique officielle du festival, un bistrot et un restaurant. Raisonnables, nous n'avons acheté que deux livres dont nous vous parlerons ici lorsque nous les aurons lus.
Le Musée va rouvrir dans quelques jours. Notons d'ailleurs qu'il n'est plus question de l'annonce qui a été faite lors de la Cérémonie d'ouverture du Festival Lumière en 2018 . On nous dévoilait alors la création d'une Cité Lumière du Cinéma et de la Photographie. Nous avions écrit dans notre billet : "Durant la soirée, nous avons eu droit également à deux scoops. L'un dévoilé par Claude Lelouch qui annonce une suite à ce film avec les deux acteurs. L'autre, plus local, annoncé par Thierry Frémaux et l'architecte italien Renzo Piano (c'est lui qui a construit la Cité Internationale à Lyon mais également le Centre Pompidou à Paris) qui ont annoncé la volonté de construire sur les terrains qui jouxtent l'Institut Lumière à Lyon, une immense Cité Lumière du Cinéma et de la Photographie. Nous avons eu droit à la primeur d'une maquette et de photos du projet. Nous avons hâte de voir le projet en détails."
Silence radio sur ce projet.
Hier, c'est dans la salle du Hangar que nous sommes allés voir un film de 2007, The Darjeeling Limited / A bord du Darjeeling Limited qui nous a mené... en Inde.
Le film a été réalisé par l'américain Wes Anderson (1969) présent dans la salle.
Il a pu expliquer sa vision particulière de son style et surtout de nous parler du film que nous allons découvrir. C'est toujours très enrichissant de voir comment ces projets sont nés, comment ils prennent vie, les difficultés qui ont été rencontrées, les rencontres qui sont faites.
Après un tonnerre d'applaudissement, Thierry Frémaux et Wes Anderson ont laissé place au film.
Sur le quai d'une gare en Inde, un homme d'affaire tente d'attraper son train sans succès mais il se fait dépasser par un autre homme qui court lui aussi et qui parvient à monter à bord du Darjeeling. Cet homme se nomme Peter Whitman. Il rejoint ses deux frères, Francis Whitman et Jack Whitman. Ces trois frères ne se sont jamais revus depuis un an, lors des funérailles de leur père. Francis organise ce voyage en donnant ses directives jusqu'à choisir les plats pour ses frères qui se laissent faire. Ils ont un but, se réunir pour aller voir leur mère qui s'est exilée au fin fond de l'Inde. Débute alors un grand voyage pour eux autant intérieur que géographique...
Nous avons aimé ce film qui parle des relations entre frères mais également avec leurs parents, des difficultés de s'entendre, de communiquer, de s'apprécier, de se comprendre malgré leurs différences qu'il va falloir qu'ils acceptent. Avec The Grand Budapest Hotel sorti en 2014 et réalisé également par Wes Anderson, on comprend cet univers particulier que nous propose le réalisateur. Il est fan de travelling qui donnent un rythme particulier au film. Le fait que l'histoire se passe dans un train amplifie cette sensation de passer d'une case à l'autre, d'une scène à l'autre. Il joue beaucoup sur le mouvement des personnages principaux tandis que les secondaires sont statiques. Les musiques choisies sont fabuleuses dont la célèbre Aux Champs-Elysées (1969) de Joe Dassin (1938-1980). On adore également le casting avec Owen Wilson (1968), Adrien Brody (1973), Jason Schwartzman (1980) sans oublier Bill Murray (1950) même s'il est silencieux. N'oublions pas l'acteur indien Irfan Khan (1967-2020) que nous avions beaucoup aimé dans
C'est parfois drôle mais souvent émouvant. Et que dire de l'Inde et des paysages que l'on nous propose. Cela donne juste l'envie de s'y rendre et de visiter ce grand et merveilleux pays.
La 15e édition du Festival Lumière a débuté hier. Rejoints par Maël et son amie Léa, nous avons assisté à cette 15e cérémonie d'ouverture.
Les invités de la soirée sont entrés par en franchissant le grand rideau rouge et l'on peut citer Dany Boon, Elsa Zylberstein, Claude Mouriéras, Wes Anderson, Karin Viard, Alexander Payne, Joachim Lafosse, Emmanuelle Devos, Terry Gilliam, Daniel Prévost, Christian Carion, Laurent Lafitte, Raphaël PErsonnaz, Laurent Gerra, Juan Antonio Bayona, Philippine Leroy-Beaulieu, Edgar Ramirez, Daniel Brühl...
Thierry Frémaux et Irène Jacob ont introduit la soirée.
Comme chaque année, Thierry Frémaux a présenté la soirée de mains de maître de cérémonie invitant une fanfare des Balkans originaire de Villeurbanne qui a emmené les 800 bénévoles dans une folle chenille.
La chanson de Gilbert Montagné On va s'aimer ets revenue à plusieurs reprises pour notre plus grande reprise et le public a participé au karaoké de la très belle chanson du regretté Christophe, Aline.
Toutes les stars sont ensuite allés sur scène pour déclarer cette édition ouverte mais comme d'habitude, c'est bien le public qui a officialisé cette ouverture.
Nous avons eu ensuite un long show de Fabrice Lucchini qui semblait plus intéressé à discuter de tout et de n'importe quoi en s'emportant comme il sait le faire et en s'éparpillant plutôt que de parler du film que nous allions voir.
Car en effet, le premier film de ce festival est un classique du cinéma américain que nous n'avions jamais vu.
Sorti en 1950, Sunset Boulevard / Boulevard du crépuscule est projeté dans la Halle Tony Garnier.
Le réalisateur est Billy Wilder (1906-2002) et propose là un film sur le destin tragique des stars du cinéma muet lorsque celui-ci est complètement dépassé par le cinéma parlant. Il offre d'ailleurs le rôle principal à l'une de ces stars, Gloria Swanson (1899-1983) merveilleuse de tragédie. Il permet également à d'autres stars du muet, et ils le restent dans ce film, de réapparaître : Buster Keaton (1895-1966), H. B Warner (1875-1958), Anna Q. Nilsson (1888-1974). Les autres têtes d'affiche sont William Holden (1918-1981), Erich Von Stroheim (1885-1957), Nancy Olson (1928).
Un corps flotte dans une piscine, la police l'entoure. Ce corps raconte en voix-off son histoire et pourquoi il se trouve là. On remonte alors quelques temps auparavant pour rencontrer Joe Gillis, auteur de scénarios de films qui ne rencontre pas de succès et qui multiplie les dettes. Ce sont d'ailleurs des créanciers venus récupérer son automobile qui le font fuir. Un pneu crevé l'oblige à se réfugier dans un garage d'une grande maison abandonnée de Sunset Boulevard. Mais cette maison est habitée par un étrange majordome et pas une encore plus étonnante femme qui dit être une grande star du cinéma muet, Norma Desmond. Elle souhaite revenir à la une du cinéma et force la main à Joe pour l'aider. Ce dernier devient peu à à peu son gigolo...
Encore une fois, le Festival Lumière nous a permis de faire une très belle découverte car ce film est exceptionnel. Il montre comment la chute de ces stars au moment de cette révolution du cinéma a été vécue par un réalisme total. Parvenir à faire jouer ce rôle par une réelle star du cinéma muet est du génie.
Après cette soirée cinématographique réussie, nous sommes allés grignoter au Ninkasi de Gerland en assistant à la seconde mi-temps du match de rugby Irlande vs Nouvelle-Zélande.
La station de métro Stade de Gerland a d'ailleurs été rebaptisée à cette occasion en Stade de New Zealand.
Cette année, c'est le réalisateur, producteur, scénariste et photographe allemand, Wim Wenders qui se verra attribuer celui remis en 2023. L'occasion de redécouvrir, ou découvrir en ce qui nous concerne son cinéma.
Imaginez-vous : un 22 octobre au soir; bonne fête à ma sœur je l'ai oubliée, nous avons pu manger dehors en terrasse d'un restaurant à l'Hôtel Dieu. Nous avons fait la découverte du restaurant Kabestan où les cocktails sont à profusion et les plats venus d'ailleurs également. En plus, même si c'est parfois surjoué, le personnel est extrêmement agréable et nous permet de passer une belle soirée. La nôtre était plutôt rapide car nous allions au cinéma ensuite. Mais nous avons tout de même pu goûter 6 mezzés, cette multitude de petits plats servis tout en même temps et qui vous font voyager là où ils sont populaires c'est à dire en Arménie, en Turquie, en Syrie, au Liban, en Israël, en Palestine, en Irak, en Iran, en Jordanie, en Egypte, au Kurdistan, en Grèce.
Voici ce que cela donnait et nous nous sommes régalés. Les cocktails étaient parfaits.
Hier au soir, c'était notre dernier film en projection en salle pour le Festival Lumière et croyez-le ou pas, nous sommes allés voir un film que finalement nous n'avions jamais vu.
Pulp fiction (1994)
est pourtant un classique du réalisateur Quentin Tarantino (1963) que nous apprécions beaucoup. Nous comprenons pourquoi il y a autant d'engouement autour de ce film car c'est vraiment un excellent film. Nous avons aimé la distribution (John Travolta (1954), Samuel L. Jackson (1948), Bruce Willis (1955), Uma Thurman (1970), Ving Rhames (1959), Harvey Keitel (1939), Tim Roth (1961)..., l'histoire, les rebondissements, l'humour, les dialogues, les décors, les clins d'oeils. Nous nous demandons comment nous n'avions pas pu le voir avant et nous n'avons qu'une hâte le revoir encore car nous sommes sûrs de ne pas avoir tout vu. La bande-son est également endiablée et donne la pêche.
Un couple de jeunes braqueurs, Pumpkin et Yolanda mangent dans un restaurant. Ils parlent des braquages et en viennent à penser qu'il serait plus simple et plus enrichissant pécuniairement parlant pour eux, de s'attaquer à un restaurant comme celui-ci plutôt qu'à une banque. Ils décident de passer à l'action...
Si cette scène marque l'introduction, comme souvent dans ses films Tarantino nous propose un sommaire nous faisant parfois revenir en arrière dans les histoires.