jeudi 22 octobre 2026

Une randonnée mi-nature, mi-citadine

Dimanche 27 Septembre, nous avons randonné sur un parcours qui mêlait la ville à la campagne avec un départ s'effectuant du Fort Saint-Irénée construit de 1832 à 1842. Le fort est abandonné par les militaires en 1920. En 1921, la seule université chinoise au monde hors de Chine ouvre ses portes ici : c'est 里昂中法大學 / l'Institut Franco-Chinois de Lyon. Les derniers étudiants chinois s'inscrivent en 1946 et l'I.F.C.L. ferme ses portes en 1950. En tout, ce sont 473 étudiants Chinois qui sont passés par cette université. 
C'est à cette époque qu'ouvre une résidence universitaire, la Résidence Universitaire André Allix que j'ai côtoyé régulièrement lorsque notre amie Annie y résidait, c'était il y a déjà 23 ans... En 2003, l'E.N.S.A.T. (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre) ouvre ses portes ainsi que le siège régional de l'O.N.I.S.E.P. (Office National d'Information sur les Enseignements et les Professions). Enfin, en 2016, ouvre le Nouveau Institut Franco-Chinois, dont le nom est gravé à l'entrée de l'ancien Fort Saint-Irénée. Il abrite un musée célébrant les relations Franco-Chinoises mais également celles entre Lyon et la Chine. Il y est proposé également de riches expositions. Outres les cyclamens sauvages, on peut voir une fresque grandeur nature des étudiantes et étudiants qui ont passé à Lyon quelques années à étudier.
Au sein du Fort Saint-Irénée, on trouve des vestiges de l'Aqueduc Romain du Gier. On vous en a déjà parlé à l'occasion de précédents billets que nous vous invitons à (re)lire. Des vestiges de cet aqueduc, on en verra ailleurs durant notre randonnée.
On suit plus ou moins facilement des sentiers dans l'ancienne installation militaire. Ici, un tunnel, là une œuvre de street-art
mais surtout une belle vue sur Lyon qui commence à apparaître.
Dans des bâtiments de l'ancien Fort de Sainte-Foy, la lunette, depuis 100 ans on peut venir jouer au tennis au Chavril Tennis-Club inauguré en 1926. On y trouve 5 courts couverts en terre battue, 5 courts extérieurs en terre battue, 1 court extérieur en dur, 1 espace mini-tennis, 1 mur d'entraînement couvert, 1 club house, 1 piscine extérieure et 1 restaurant.
Au Parc du Brûlet, comme partout durant notre rando, on voit nettement combien la nature a besoin d'eau et que les végétaux souffrent atrocement de la chaleur.
Dans ce parc se trouve le Conservatoire des Mûriers. Si tout à l'heure on vous parlait des relations franco-chinoises du point de vue de l'enseignement, Lyon a noué il y a fort longtemps des liens très étroits avec la Chine. Souvenez-vous que Lyon possède une grande histoire de soierie. Sur 8 000m2, on trouve 3 500 pieds de plus de 50 variétés de mûriers dont raffole le bombyx du mûrier dont le ver à soie est sa chenille. 
Nous atteignons maintenant le Fort de Sainte-Foy construit en 1843. Abandonné par les militaires, elle accueille depuis 1949 la Compagnie Républicaine de Sécurité (C.R.S.) n°46.
Tout le long du Chemin du Fort, il y a de très nombreux potagers. Là aussi, nous sommes témoins du manque d'eau et les légumes, les fleurs, les fruits cultivés par les jardiniers souffrent de la sécheresse.
Un petit sentier qui suit un minuscule rigodon prend la direction de l'Yzeron. Sur le parcours Vert l'Yzeron, on croise une jolie sculpture de bois.
On prend de la hauteur pour arriver à un endroit dont nous ne soupçonnions pas un instant l'existence : la Pagode Thiện Minh. Elle a été construite sur un terrain de 1528m2 et inaugurée en 1984. La Pagode Thiện Minh est officiellement inaugurée en 1990 et des achats de terrains se multiplient pour agrandir le lieu de culte. En Juin 2006, la pagode brûle mais est reconstruite dès Octobre de la même année. En 2011 a lieu la deuxième inauguration.
Nous avons appris après notre visite, que l'ensemble des jardins est accessible car nous n'avions que timidement osé entrer dans la cour. Déjà là, nous avons beaucoup aimé flâner dans ces lieux de culte en extérieur nous remémorant les visites que nous avions pu faire dans les pagodes de Singapour et de Malaisie. Comment aurions-nous pu imaginer qu'il en existe une tout près.
Plus traditionnel est ce château qui possède toutefois une jolie tour bien intrigante où on aimerait monter.
Nous ne le savions pas, mais Sainte-Foy-Lès-Lyon était réputée pour son vignoble où 70% des terres agricoles étaient recouverts de vignes jusqu'à l'apparition du phylloxera qui détruisit toutes les vignes au XIXème siècle. En 2012, il a été décidé de replanter une vigne pour redonner vie au Côteau du Montraÿ avec un cépage de Gamaret.
Nous voici maintenant face à la Chapelle Sainte-Marguerite construite en 1675. Juste à côté, c'est un autre monument historique que l'on découvre, le Télégraphe Chappe. Ce télégraphe visuel a été inventé par Claude Chappe (1763-1805) en 1790. Celui de Sainte-Foy permettait la communication entre Paris, Lyon et Toulon entre 1807 et 1852. Si le système permettait de relayer l'information rapidement, les signaux n'étaient pas visibles ni par mauvais temps, ni la nuit si bien qu'il fut abandonné en 1855.
On croise également ce drôle de puits Montée de la Chapelle et cet encore plus étonnant arbre, Rue du Planit dans le vieux village de Sainte-Foy-Lès-Lyon. Il s'agirait d'un paulownia.
Nous voici devant l'Eglise Sainte-Foy dont la présence est déjà relevée en 1170. Celle qui nous fait face a été reconstruite sur les ruines de l'ancienne devenue trop petite entre 1840 et 1842. L'église a la particularité d'être dotée d'un clocher-porche.
Installés Esplanade Lichfield, on pique-nique avec cette vue incroyable sur Lyon avec le quartier de la Confluence juste en-dessous. On voit le Rhône mais également le quartier des Girondins, celui de Gerland, de la Part-Dieu. On voit même, pour ceux qui connaissent, Villeurbanne.
Si des escaliers permettent d'aller en bord de Saône, on préfère retourner vers le Fort de Sainte-Foy
en passant devant l'Hôpital Debrousse ou plutôt l'ancien hôpital. Il est inauguré en 1907 et est reconnaissable par ses deux tours. L'établissement ferme définitivement ses portes en 2008 et est transformé en une luxueuse résidence. On se demande bien à quoi servent les deux tours qui ont été conservées.
Nous voici de retour à notre point de départ mettant fin à cette randonnée mi-nature, mi-citadine.

mercredi 21 octobre 2026

Les divines

Le couvre-feu instauré à Lyon et limité à la Presqu'île permet tout de même d'aller à des spectacles, de se rendre au restaurant ou dans des bars. En plus, le café théâtre dans lequel nous nous rendons; l'Espace Gerson; est en dehors de cette zone interdite aux piétons. On retrouve, sous de fortes pluies, Sandrine et après quelques minutes d'attente, on entre dans la salle. On commande à boire et à manger en attendant Mélanie et Guillaume; ce sont eux qui nous ont parlé de la pièce;  qui arriveront alors que le spectacle a débuté; mais ça on le saura à la fin de la représentation. 
Ce soir, c'est la dernière.
Les divines est une pièce écrite par Laurence Gay Pinelli (1963). Elle est sur scène avec Lucie Chochoy (1993). Laurence joue Joséphine, une prostituée que l'on connait sous le pseudo de Divine, Lucie joue Ludivine sa nièce autiste qui a également le surnom de Divine.
Joséphine, une prostituée libre et fière de l'être, se prépare pour accueillir l'un de ses clients, Napoléon. Mais à la porte, c'est sa nièce qui sonne. Ludivine, autiste, doit en effet commencer à travailler à l'ESAT. Si Joséphine s'en est occupée quelques années en arrière, elle a perdu l'habitude de cette nièce particulière. Elle veut surtout lui cacher son activité professionnelle...

On rit du début à la fin avec cette pièce où il n'y a que deux comédiennes en scène. Mais quelle comédiennes ! Les deux s'entendent parfaitement bien et l'on sent une grande complicité entre elles, n'hésitant pas à improviser parfois, à prendre plusieurs fous rires. On aime leur énergie, leur peps. Elles passent de longs moments également à danser en les accompagnant avec des applaudissements. On s'amuse énormément des mots d'argots que Joséphine emploie et que Ludivine reprend avec un grand plaisir. On aime ces deux personnes hors normes, l'une prostituée, l'autre autiste, qui osent s'affirmer à la vue de tous.
On retient bien entendu l'expression qui ne cesse de ponctuer les répliques : fuck the duck, que l'on pourrait traduire par putain de merde.
Une suite serait en préparation et nous avons hâte qu'elle prenne vie rapidement.
Avec Les divines nous avons passé une excellente soirée oubliant même jusqu'à la pluie que nous retrouvons à la sortie du café théâtre mais qui nous apparait moins gênante qu'à l'arrivée après ce bon moment de détente.

mardi 20 octobre 2026

Le street art envahi des ruines industrielles à Villeurbanne

Le retour d'une météo de saison coïncide avec notre visite du Festival Peinture Fraîche au 21 de la Rue Poizat à Villeurbanne dans ce qui fut des usines. 
Elles sont totalement abandonnées. La Rue Poizat se trouve dans le quartier de la Gare de Villeurbanne où roule désormais le tramway T3 en lieu et place des trains sur cette ancienne voie ferrée surnommée la Ligne de l'Est. Dans ce quartier, depuis l'industrialisation de notre pays dans les années 1830, les usines ont poussé comme des champignons, des usines dans tous les domaines. Aujourd'hui, elles ont disparu mais certaines ont subsisté encore un peu jusqu'à fermer à leur tour. C'est le cas de l'usine O.T.C. (Office de Triage et Conditionnement). Dans quelques années, il y aura là l'un des plus grands parcs de Villeurbanne qui agrandira le minuscule Parc Gisèle Halimi. On voit au fond de la photo des immeubles résidentiels également en construction.
La visite commence,
d'abord avec des fresques assez simples.
Rapidement, elles prennent d'autres dimensions et deviennent gigantesques. 
Elles sont magnifiées par la réalité augmentée, qui donne d'autres possibilités aux artistes pour donner réellement vie à leurs œuvres. Je vous rassure, même si vous ne l'utilisez pas, vous appréciez tout de même cette exposition de street art. Bien sûr, les peintures ont des messages politiques ou sociétaux.
Voici un ordre d'idée de la grandeur des fresques que vous pouvez comparer avec la personne qui s'en approche et qui nous servira de mètre étalon.
Notons la présence d'un dragon semblant être un Transformers. On a l'impression qu'il va se transformer devant nous en espérant que ce soit un Autobot et non pas un Deceptican. 
En matière de disposition, on se demande encore pourquoi il y a ce Kulte Bar à cet endroit.
D'autres fresques sont intéressantes telle celle-ci montrant quelqu'un qui nous épie caché derrière son store ou ce maillot de l'équipe de France de Football 1998.
Il y a aussi ces deux autres. Avec la réalité augmentée, on voit la fusée décoller.
Mais voici les œuvres que nous préférons pour cette nouvelle édition.
Cet enfant dont le corps est recouvert de couleurs à moins que ce soit les couleurs de son sang.
Ce renard est également très à notre goût. On reste subjugués par son regard que l'on ne parvient plus à quitter lorsqu'on le croise.
Une autre, en noir-et-blanc est également très à notre goût. Il faut rester longtemps à la regarder pour y voir plusieurs visages mais également une multitude d'autres choses que chacune et chacun interprète comme elle / il le souhaite.
Mais notre préférée c'est sans nul doute ce visage asiatique très pop-culture japonaise. On rêverait qu'elle reste à Villeurbanne, exposée pourquoi pas dans le futur par Gisèle Halimi ?
Nous terminons notre visite par les boutiques d'artistes qui vendent, parfois à des prix abordables, des créations venues de leur géniale imagination.
Vous avez encore du temps pour vous y rendre car le festival se poursuit du 21 Octobre au 1er Novembre 2026.