mercredi 2 septembre 2026

Vers le Lac d'Oô

On emprunte le GR10 pour cette mise en jambe de nos vacances dans cette première randonnée qui va nous mener à un lac connu par les cruciverbistes, le Lac d'Oô. 
Le départ s'effectue aux Granges d'Astau où il y a un grand parking. Comme la randonnée est classée dans la catégorie facile, elle est très populaire et à notre arrivée, il y a déjà beaucoup de monde.
Il y a une toute petite chapelle, interdite d'accès mais dont la façade est peinte et porte une inscription : Si vous croyez en Dieu, faites une prière. Si non, respectez ce lieu. Si vous êtes un âne, écrivez-y votre nom. Cette rénovation extérieure date de 1960.
Cette chapelle est entourée par une légende. Voici cette histoire :
En 778, une femme qui croyait en des Dieux, était sur le point d'accoucher. Mais elle souffrait tant pour mettre au monde son bébé qu'elle a demandé de l'aide à des Chrétiens. Miraculeusement, les douleurs disparurent et son fils prit sa première bouffée d'oxygène. Elle l'appela Aventin. Devenu grand et éduqué dans la religion chrétienne, il devint Moine et se retira aux Granges d'Astau. Un jour, un ours se présenta devant lui. Il avait une épine dans le pied. Aventin ôta cette épine et l'ours disparu sans lui faire aucun mal. Un peu plus tard, les Maures envahirent la région et se mirent à pourchasser les chrétiens. Aventin fut arrêté et placé dans un donjon dont il s'échappa en sautant du sommet. Il courait alors pour ne pas être rattrapé et mort de fatigue, il pris repos sur un rocher dans lequel son empreinte de pied s'incrusta. Les Maures le capturèrent à nouveau et décidèrent de le décapiter. Aventin, la tête coupée, la pris alors à ses pieds et marcha jusqu'au moment de s'écrouler mort. Des chrétiens l'enterrèrent là où il était tombé. Des siècles plus tard, un vacher ne comprenait pas pourquoi ses bêtes grattait avec insistance le sol. Un Ange lui dit alors : "C'est ici que repose le bienheureux Aventin". Alors que le vacher allait creuser à son tour, un essaim d'abeilles surgit du sol empêchant toute action. L'événement fut rapporté à l'Evêque de Comminges, Saint-Bertrand qui décida d'écrire au Pape pour tout lui raconter. Le Souverain Pontife rédigea une lettre que Saint-Bertrand lu aux abeilles qui disparurent aussi rapidement qu'elles étaient apparues. Le corps d'Aventin fut exhumé. Son corps dégageait étrangement une très bonne odeur. Il fut enterré, une église fut construite sur sa tombe, c'est celle du village de Saint-Aventin. 
Cette légende est racontée depuis des centaines d'années par les bergers et les éleveurs devant la Chapelle des Granges d'Astau à chaque montée aux estives.
A notre tour, nous effectuons cette montée vers cette montagne où le ciel bleu semble vouloir apparaitre.
L'ascension se fait assez facilement
et derrière nous, on voit s'éloigner notre point de départ.
Tout du long de notre trajet, nous longeons la Neste d'Oô
qu'un pont nous permet d'enjamber près de notre destination finale.
Le Lac d'Oô est un lac glaciaire où a été construit en 1921, un barrage que l'on devine au loin sous la barre de nuages qui s'est posée sur les montagnes.
Le barrage n'est pas très grand mais son mur reste imposant.
Arrivés au lac à 1 507 mètres, nous craignons de ne le voir qu'entouré de nuages, pire qu'ils descendent et nous plongent dans le brouillard nous empêchant de voir la belle cascade.
Et puis soudain; est-ce un nouveau miracle d'Aventin; le soleil fait son apparition.
Peu à peu, les nuages se dispersent et laissent apparaître la majestueuse cascade haute de 275 mètres de hauteur.
En pique-niquant sur place, nous avons le temps de bien admirer le Lac d'Oô et sa cascade mais aussi les sommets avoisinants.
Sur le chemin du retour, on s'approche de la Roche Soufrée qui est recouverte, vous l'avez deviné, de souffre.
Nous pressons le pas car nous voyons de vilains nuages d'orages et l'on fait plutôt bien car nous avons juste le temps de boire une limonade à la terrasse de l'auberge des Granges d'Astau avant que le ciel nous tombe sur la tête. C'est le seul moment de notre séjour où nous sortirons nos coupe vent le temps d'aller à la voiture.
On prend la route du retour en faisant une halte à la station de ski de Peyragudes dans la Vallée du Louron. La station culmine à 2 365 mètres.
La visite est rapide car la fraîcheur s'est installée et le brouillard tombe.
On devine à peine les remontées mécaniques.
Nous sommes très surpris de trouver là un aérodrome, l'Altiport de Peyresourde-Balestas et encore plus par la piste qui semble être... bien trop courte à notre goût.
Plus loin, encore, sur la route, on décide d'aller voir de plus près la Chapelle Saint-Pé de la Moraine, une superbe chapelle romane perchée sur un petit sommet du village de Garin (146 habitants). 
On voit qu'ici aussi, en Haute-Garonne, la canicule a grillé l'herbe. 
Edifiée entre le Xème et le XIème siècle, elle jouxte le cimetière.
Il est temps de rentrer à Bagnères-de-Luchon pour aller prendre un peu de détente...

mardi 1 septembre 2026

La Reine des Pyrénées

Nous voici arrivés dans le Département de Haute-Garonne et dans la ville de Bagnères-de-Luchon souvent appelée ou désignée sur les panneaux de signalisation tout simplement en Luchon et surnommée la Reine des Pyrénées car elle est sans doute l'une des stations les plus populaires de la région.
Le Consul Pompée (106av JC - 48 av JC) revenait d'Espagne où il était chargé de maintenir l'ordre en fondant la ville de Pampelune; ville qui porte son nom. Un de ses soldats, atteint d'une maladie de peau, s'immerge dans les eaux thermales de Ilixon (Bagnères-de-Luchon) et en 21 jours en sort totalement guéri. Rome entend parler des vertus de cette eau et Tibère (42 av JC - 37) Empereur Romain de 14 à 37 décide de la construction d'une station thermale en 25. Le Baron Antoine Mégret d'Etigny (1719-1767), Intendant de Gascogne, réhabilite les thermes et fait construire des routes carrossables pour venir à Luchon en 1761 et dès 1769, toute la  Cour de France vient profiter des eaux thermales. Depuis lors, les thermes connaissent un grand succès et l'on se presse de partout pour venir y suivre des cures.
Aujourd'hui, les thermes inaugurés en 1857 sont laissés à l'abandon mais un projet de conservation est en cours. Sur la Place Thermale, se dresse une statue en l'honneur du Baron d'Etigny à l'origine du renouveau des thermes.
La place est entourée par le Parc Thermal
et se prolonge par le Parc des Quinconces et son lac.
On peut croiser ici la statue de l'ours des Pyrénées qui vit encore dans cette région et qui aurait une population d'environ 108 individus.
En 1969, de tout nouveaux thermes sont construits. Une rénovation a pris fin en 2024 leur donnant encore une nouvelle jeunesse. Mais nous vous en reparlerons dans un prochain billet car nous avons pu profiter des eaux thermales.
Luchon, c'est également une station de skis et l'on découvre en plein centre-ville, la gare de départ des remontées mécaniques. On a en effet du mal à le croire en cette cinquième canicule, mais on fait du ski à Luchon, enfin à Luchon-Superbagnères (2 125 mètres d'altitude) et l'on trouve donc les bureaux des guides de haute-montagne.
Napoléon III (1808-1873), Empereur des Français de 1852 et 1870 et son épouse l'Impératrice Eugénie (1826-1920) sont venues dans les Pyrénées qu'ils affectionnaient pour la qualité de leurs thermes. Ils ont fait venir de nombreuses personnes avec eux qu'il fallait loger c'est pourquoi Luchon possède de grands hôtels particuliers construits à cette époque.
Notre logement à nous sera bien plus modeste puisqu'il se situe au rez-de-chaussée de cette maison située dans une impasse et ne possède qu'une seule fenêtre.
Nous sommes toutefois à deux pas du centre-ville et de la Halle aux Marchés construite en 1896
et de l'Eglise Notre-Dame-de-l'Assomption de Bagnères-de-Luchon.
Pour fêter notre arrivée, nous nous installons à une terrasse Allée d'Etigny pour déguster des bières locales et manger un genre de tapas locales également.
Demain, c'est le départ pour notre première randonnée...