vendredi 4 septembre 2026

Entre France et Espagne

Aujourd'hui, les choses sérieuses débutent puisque c'est une randonnée classée difficile que nous démarrons pour un itinéraire de 8h00. Si elle est effectivement difficile, c'est sans aucun doute l'une des plus belles randonnées que nous ayons faites.
Tout débute à l'Hospice de France au fond de la Vallée de la Pique à 1 385 mètres d'altitude. Les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem ont en effet acquis le terrain en 1200 pour y construire un refuge et pour garantir le passage vers la montagne qui trace ici un chemin secondaire pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle. L'Hospice de France existe toujours et accueille les randonneurs de passage ou ceux, comme nous, effectuant une randonnée à la journée.
Notre longue marche va nous faire faire le tour de la Pointe de la Frèche (2 268m).
Nous nous élançons donc tranquillement vers les hauteurs en suivant pendant un certain temps le Ruisseau du Port de Vénasque. 
Le chemin s'effectue en lacets après avoir enjambé le ruisseau par le Pont de Penjat et en nous retournant, on réalise que l'Hospice de France est déjà bien loin (sous la flèche rouge) 
Il y a encore un peu d'ascension pour passer le Mur du Culet où le ruisseau tombe en cascade.
Ayant atteint ce premier sommet, on prend la photo de ces innombrables lacets.
Derrière le Mur du Culet, on trouve le Refuge de Vénasque où on fait une halte pour consulter notre carte et reprendre du souffle.
Le refuge est au bord d'un lac. Ils sont au nombre de trois et se nomment les Boums du Port. Le premier est à 2 239 mètres, le deuxième à 2 240 et le troisième que vous voyez ci-dessous; le plus grand; est à 2 248 mètres.
 
Sur la photo suivante, on parvient à voir les trois ainsi que le refuge, avec en premier plan, un troupeau de moutons.
Des moutons, il y en a en effet. Pas autant qu'aux Îles Féroë durant nos vacances d'été de l'an dernier, mais un important troupeau protégé par deux patous dont l'un n'a absolument plus de voix à force de japper les nombreux randonneurs. On prend garde à ne pas déranger les bêtes en respectant les aboiements des patous.
Les derniers lacets vers le Port de Vénasque sont compliqués car extrêmement raides. Enfin, nous voici au Port de Vénasque à 2 445 mètres d'altitude. Une stèle nomme le lieu, marquant la frontière entre la France et l'Espagne.
Le passage est extrêmement étroit entre le Pic de la Mine (2 707m) et le Pic de Sauvegarde (2 738m) et l'on se retrouve ici nombreux entre randonneurs qui, comme nous, partent en Espagne, et les autres qui viennent en France. On a surtout une grande pensée pour tous les réfugiés espagnols qui fuyaient le régime de Franco pour la France. Ici sont passés également les légions Romaines qui allaient en Espagne, les armées des guerres napoléoniennes mais également l'endroit fut le passage de la tentative antifranquiste ratée de la part d'opposants à Franco pour tenter de libérer le Val d'Aran en 1944.
Nous pique-niquons ici, au-dessus de la Vallée de l'Esera et face à la Maladeta (3 312m), El Maldito (3 354 m) et l'Aneto (3 404m).
Nous reprenons notre marche, abandonnés par les autres randonneurs. Il faut dire que depuis le Port de Vénasque, il existe un grand nombre de chemins de randonnée selon la direction que vous voulez prendre. Nous, on se dirige vers le Port de la Picade (2 460m).
En plein mois d'Août subsiste encore un névé à l'abri derrière un mur de rochers.
Dans les Alpes, on avait trouvé qu'une montagne avait le profil de notre ami Totoro et bien sachez que les Pyrénées possèdent également leur Totoro à eux !
Si au départ la marche se fait dans un milieu assez verdoyant, 
rapidement, le chemin devient minéral.
Nous voici au Port de la Picade sur une nouvelle frontière car bien que nous soyons en Espagne, nous sommes à la frontière entre l'Aragon et la Catalogne. 
La randonnée est loin d'être terminée car nous rejoignons maintenant le Pas de l'Escalette.
Direction notre dernier sommet, le Soum de l'Escalette (2 466m) où nous allons suivre la ligne de crête.
 
L'ascension s'effectue sur un chemin étroit et abrupt. Mieux vaut ne pas avoir le vertige.
Dans notre sens de marche, à droite c'est l'Espagne, à gauche, la France.
Passée la ligne de crête, on entame notre (très) longue descente vers la France.
Je dis très longue car notre point d'arrivée se trouve tout là-bas, sous la flèche rouge.
Des cairns nous montrent le chemin à suivre.
Sur notre gauche, on voit le Lac de la Frêche.
Les montagnes prennent une très jolie couleur verte et avec le soleil, c'est tout simplement magnifique.
A 2 069m, nous arrivons au Pas de la Mounjoye où semble nous attendre le Tardis, le moyen de transport du Doctor Who. Vu de loin, ça donne cette impression mais de près il s'agit d'une borne frontière car nous avons été rattrapés par la frontière franco-espagnole. Les chevaux, espagnols, se fichent bien de savoir dans quel pays se trouve l'herbe.
Un très joli poulain, pas craintif pour un sou, prend la pose. 
On poursuit notre descente en altitude
et même si le point d'arrivée se précise, le chemin est encore long
d'abord au travers des alpages puis au travers d'une forêt qui semble ne jamais prendre fin.
C'est le retour à l'Hospice de France où on se désaltère d'une rafraichissante et réconfortante limonade.
Nous faisons face à notre chemin de départ d'où nous sommes partis huit heures plus tôt et sommes très fiers de nous car nous nous sommes une nouvelle fois dépassés.
Bravo à nous.

jeudi 3 septembre 2026

Les Thermes de Luchon

On pensait que des thermes n'étaient ouverts qu'aux curistes mais pas du tout.
Même sans pathologie, vous pouvez vous y rendre... en étant patient. Patient car la file est longue pour profiter de l'accès pendant 2 heures dans les bâtiments de 1969 récemment restaurés.
Si vous avez besoin d'une cure, les eaux des Thermes de Luchon soignent l'arthrose, les rhumatismes, les bronchites chroniques, l'asthme, les sinusites, les maladies ORL de l'enfant... Vous trouverez tous les détails ici : Thermes de Luchon.
En ce qui nous concerne, une fois enfin nos entrées achetées, nous nous mettons en maillots de bain dans les vestiaires, prenons une douche et partons à la découverte de l'établissement. 
On y passe un couple d'heures de manière très agréable dans les différents espaces : trois bassins dont un extérieur équipés d'un solarium, de cascades, de cols-de-cygne, de rivière à contre-courant, de banquettes à bulles, d'hydrojets... On essaie également les jacuzzi, le tepidarium, les banquettes chaudes et les saunas. On essaie également la zone froide que l'on adore. Après avoir bien transpiré, on entre dans une pièce où l'on trouve un mur de glace sur lequel on se colle et on passe sous la douche qui fait tomber de la neige ! On pousse même cet exercice de froid extrême, en nous vidant un seau d'eau extrêmement froide tout simplement en tirant sur une corde. C'est extrêmement vivifiant et on dit qu'on est prêt dorénavant à tenter les bains dans l'eau froide des pays scandinaves. 
Mais l'endroit que l'on préfère et où on ira deux fois, c'est le vaporarium historique, le seul hammam naturel d'Europe. Les tunnels s'enfoncent sur 150 mètres et pendant votre marche et vos pauses sur les bancs installés près de la roche, vous respirez l'air chaud naturel issu d'une eau à 72°c. C'est excellent pour éliminer les toxines, pour purifier la peau et pour libérer les voies respiratoires.
Pour reprendre des forces après notre randonnée et ces deux heures de détente, nous dégustons un plat traditionnel basque, l'axoa.
Et des forces, il nous en faudra demain car la randonnée est classée noire !

mercredi 2 septembre 2026

Vers le Lac d'Oô

On emprunte le GR10 pour cette mise en jambe de nos vacances dans cette première randonnée qui va nous mener à un lac connu par les cruciverbistes, le Lac d'Oô. 
Le départ s'effectue aux Granges d'Astau où il y a un grand parking. Comme la randonnée est classée dans la catégorie facile, elle est très populaire et à notre arrivée, il y a déjà beaucoup de monde.
Il y a une toute petite chapelle, interdite d'accès mais dont la façade est peinte et porte une inscription : Si vous croyez en Dieu, faites une prière. Si non, respectez ce lieu. Si vous êtes un âne, écrivez-y votre nom. Cette rénovation extérieure date de 1960.
Cette chapelle est entourée par une légende. Voici cette histoire :
En 778, une femme qui croyait en des Dieux, était sur le point d'accoucher. Mais elle souffrait tant pour mettre au monde son bébé qu'elle a demandé de l'aide à des Chrétiens. Miraculeusement, les douleurs disparurent et son fils prit sa première bouffée d'oxygène. Elle l'appela Aventin. Devenu grand et éduqué dans la religion chrétienne, il devint Moine et se retira aux Granges d'Astau. Un jour, un ours se présenta devant lui. Il avait une épine dans le pied. Aventin ôta cette épine et l'ours disparu sans lui faire aucun mal. Un peu plus tard, les Maures envahirent la région et se mirent à pourchasser les chrétiens. Aventin fut arrêté et placé dans un donjon dont il s'échappa en sautant du sommet. Il courait alors pour ne pas être rattrapé et mort de fatigue, il pris repos sur un rocher dans lequel son empreinte de pied s'incrusta. Les Maures le capturèrent à nouveau et décidèrent de le décapiter. Aventin, la tête coupée, la pris alors à ses pieds et marcha jusqu'au moment de s'écrouler mort. Des chrétiens l'enterrèrent là où il était tombé. Des siècles plus tard, un vacher ne comprenait pas pourquoi ses bêtes grattait avec insistance le sol. Un Ange lui dit alors : "C'est ici que repose le bienheureux Aventin". Alors que le vacher allait creuser à son tour, un essaim d'abeilles surgit du sol empêchant toute action. L'événement fut rapporté à l'Evêque de Comminges, Saint-Bertrand qui décida d'écrire au Pape pour tout lui raconter. Le Souverain Pontife rédigea une lettre que Saint-Bertrand lu aux abeilles qui disparurent aussi rapidement qu'elles étaient apparues. Le corps d'Aventin fut exhumé. Son corps dégageait étrangement une très bonne odeur. Il fut enterré, une église fut construite sur sa tombe, c'est celle du village de Saint-Aventin. 
Cette légende est racontée depuis des centaines d'années par les bergers et les éleveurs devant la Chapelle des Granges d'Astau à chaque montée aux estives.
A notre tour, nous effectuons cette montée vers cette montagne où le ciel bleu semble vouloir apparaitre.
L'ascension se fait assez facilement
et derrière nous, on voit s'éloigner notre point de départ.
Tout du long de notre trajet, nous longeons la Neste d'Oô
qu'un pont nous permet d'enjamber près de notre destination finale.
Le Lac d'Oô est un lac glaciaire où a été construit en 1921, un barrage que l'on devine au loin sous la barre de nuages qui s'est posée sur les montagnes.
Le barrage n'est pas très grand mais son mur reste imposant.
Arrivés au lac à 1 507 mètres, nous craignons de ne le voir qu'entouré de nuages, pire qu'ils descendent et nous plongent dans le brouillard nous empêchant de voir la belle cascade.
Et puis soudain; est-ce un nouveau miracle d'Aventin; le soleil fait son apparition.
Peu à peu, les nuages se dispersent et laissent apparaître la majestueuse cascade haute de 275 mètres de hauteur.
En pique-niquant sur place, nous avons le temps de bien admirer le Lac d'Oô et sa cascade mais aussi les sommets avoisinants.
Sur le chemin du retour, on s'approche de la Roche Soufrée qui est recouverte, vous l'avez deviné, de souffre.
Nous pressons le pas car nous voyons de vilains nuages d'orages et l'on fait plutôt bien car nous avons juste le temps de boire une limonade à la terrasse de l'auberge des Granges d'Astau avant que le ciel nous tombe sur la tête. C'est le seul moment de notre séjour où nous sortirons nos coupe vent le temps d'aller à la voiture.
On prend la route du retour en faisant une halte à la station de ski de Peyragudes dans la Vallée du Louron. La station culmine à 2 365 mètres.
La visite est rapide car la fraîcheur s'est installée et le brouillard tombe.
On devine à peine les remontées mécaniques.
Nous sommes très surpris de trouver là un aérodrome, l'Altiport de Peyresourde-Balestas et encore plus par la piste qui semble être... bien trop courte à notre goût.
Plus loin, encore, sur la route, on décide d'aller voir de plus près la Chapelle Saint-Pé de la Moraine, une superbe chapelle romane perchée sur un petit sommet du village de Garin (146 habitants). 
On voit qu'ici aussi, en Haute-Garonne, la canicule a grillé l'herbe. 
Edifiée entre le Xème et le XIème siècle, elle jouxte le cimetière.
Il est temps de rentrer à Bagnères-de-Luchon pour aller prendre un peu de détente...