mercredi 23 septembre 2026

Du kayak de mer

Aujourd'hui, nous avons rendez vous à Cala'n Porter, devant la rampe de mise à l'eau avec l'équipe de Menorca en Kayak car nous pratiquons aujourd'hui une activité nautique, le kayak de mer.
Nous sommes un petit groupe d'une vingtaine de personnes, encadrées par deux accompagnateurs.
On nous fournit le matériel : pagaies, gilets de sauvetage et bien entendu kayaks. Comme nous sommes trois, nous en avons un double et un simple. Pour éviter que celui qui se trouve seul ne fasse tout le trajet en solitaire, nous monterons à son bord chacun à notre tour. Mathilde débutera, je prendrai la suite et Frédéric fera le dernier trajet. Voici à peu près l'itinéraire que nous empruntons. La mer étant calme, nous n'aurons que les vagues formées par le passage de bateaux qui viendront un peu perturber notre navigation qui nous mènera à plusieurs criques et près ou dans des grottes. 
Entrer dans les grottes en kayak est très agréable car on a l'impression d'être les tout premiers à les découvrir. Bien entendu, ce n'est pas du tout le cas ! A l'intérieur, l'eau est encore plus claire qu'à l'extérieur. On est impressionnés par la longueur et la hauteur des ces grottes et surtout nous sommes très contents de cette expérience.
On fait une halte à Cala Sa Llentia où il n'y a que deux pêcheurs dans la crique. La falaise est très jolie mais on sent qu'elle est extrêmement fragile et qu'avec les conséquences du dérèglement climatique, elle est de plus en plus attaquée par les assauts de la mer. On y reste le temps de se baigner dans les eaux cristallines et de grignoter quelques fruits secs.
Notre second arrêt s'effectue dans une crique bien plus large et plus peuplée. C'est Cala Coves. 
On abandonne nos kayaks près des rochers, les oranges sur la photo, pas les bleus.
Là aussi, on peut se baigner et l'un de nos accompagnateurs nous emmène à la découverte de maisons troglodytes où une communauté hippie s'était installée dans les années 1960.
La vue depuis ce qui semblait être une cuisine était plutôt pas mal !
De même, la fenêtre de la chambre permettait également de profiter de l'environnement. L'accès a été facilité par le creusement à même la falaise d'escaliers. Les hippies ont laissé leur trace également en sculptant des visages où l'on ressent l'amour qu'ils prônaient. 
De nos jours, il est interdit d'y habiter même si des rencontres discrètes se font toujours.
A Cala Coves, on trouve plus d'une centaine de grottes et bien avant les hippies, elles étaient utilisées. De l'Âge du Bronze jusqu'à l'occupation romaine, ces grottes étaient une gigantesque nécropole. C'était donc des grottes funéraires de la Préhistoire. C'est un peu plus "vendeur" que les hippies des années 60's, en tout cas à nos yeux.
La matinée se termine. 
Il fait toujours aussi chaud si bien que nous n'avons pas le courage d'aller bien loin. On loue un parasol et trois transats sur la plage de Cala'n Porter et on passe là le début de l'après-midi en multipliant les baignades pour se rafraîchir avec une mer dépassant tout de même les 32°c !
Même s'il n'y a aucune douche, c'est tout poisseux qu'on part visiter la capitale de Minorque...

mardi 22 septembre 2026

Sous le charme de Ciutadella

Si nous sommes arrivés au Port de Ciutadella, nous ne sommes pas encore allés visiter la plus grande ville de l'île avec ses 32 431 habitants. 
Ciutadella était la capitale de Menorca / Minorque jusqu'à l'occupation anglaise de 1714. Les envahisseurs déplacèrent la capitale tout à l'Est, à Maó  qui est restée depuis lors la capitale de l'île.
On stationne dans une rue près de la Plaça dels Pins recouverte... de pins.
Dès qu'on met les pieds Plaça des Born et malgré la chaleur, on tombe sous le charme de Ciutadella. On a l'impression d'être transportés immédiatement dans cette ancienne Espagne avec ses somptueux palais et son architecture que l'on retrouve en Amérique Latine. A plusieurs reprises, Frédéric et moi ne savons en effet plus si nous sommes en Espagne ou au Mexique. Il faut dire que les vieux quartiers des villes mexicaines ressemblent étonnamment à celles d'ici.
Au centre de la place se dresse un obélisque érigé en 1857 et commémorant la résistance de la population face à l'invasion ottomane de 1558.
El Ajuntament / L'Hôtel de Ville a été inauguré en 1925 mais conserve le style des très beaux palais situés de l'autre côté de la Plaça des Born.
Palau Torre Saura, que l'on voit derrière la fontaine, est inauguré en 1839.
On le voit ici lorsque l'on repasse devant le soir, alors qu'un marché d'artisans se tient devant ses portes. Au rez-de-chaussée, on trouve des boutiques. Et des boutiques il y en a en quantité pour le plus grand plaisir de notre acharnée du shopping qu'est Mathilde et pour notre plus grand plaisir car toutes ces boutiques sont climatisées et elles nous permettent de faire redescendre nos températures corporelles qui dépassent la limite supportable.
La place est en hauteur, nous dominons le Port de Ciutadella, port de plaisance et non pas celui de l'arrivée des ferrys. 
On s'éloigne de la place pour entrer dans les ruelles bordées de boutiques. La Carrer Josep Maria Quadrado est sans doute la plus belle avec ses boutiques installées sous les arcades.
C'est là qu'on trouve une ancienne pharmacie extrêmement jolie, la Farmacia Llabrès ouverte en 1909. Elle ferme malheureusement définitivement en 1985. Elle est toutefois conservée en état, achetée par la municipalité et restaurée entre 2016 et 2020. Depuis 2022, il est possible de la visiter.
La Santa Iglesia Catedral Basilica de Santa Maria est très imposante. Elle se situe en effet dans un quartier où les rues sont très étroites. Nous avons donc très peu de recul pour la regarder de l'extérieur. Construite de 1300 à 1365 sur l'ancienne Grande Mosquée, elle est attaquée par les Ottomans en 1558 et une partie de l'église s'effondre en 1626. Durant la Guerre Civile, elle fut pillée en 1936.
A côté de cette autre église, on voit du street art. On en trouve d'ailleurs un peu partout dans Ciutadella.
A Ciutadella, il ne faut pas hésiter à lever la tête pour regarder les toits des maisons.
Le marché municipal et le marché aux poissons se trouvent Plaça de la Llibertat. 
Pour les fêtes de Sant Joàn du 19 au 25 Juin de chaque année, le symbole est ce mouton portant le drapeau de la ville. Il a été installé en plein centre-ville. C'est pourtant le cheval qui fait la une de ces fêtes car ils défilent et galopent un peu partout. Une occasion pour revenir à Minorque.
Ce moulin a été transformé en restaurant
et justement, il est temps pour nous de trouver un endroit où manger. 
On veut faire découvrir les bars où l'on mange des tapas. C'est dans une cave, climatisée, qu'on trouve notre bonheur. Tenu par deux femmes, Gallinero est un bar que l'on vous conseille fortement. Les conseils sont très précieux, les échanges faciles, les boissons sont bonnes et les tapas excellentes. Tout cela dans une décoration où les plats sont dessinés sur les carreaux.

La salsa Espinaler est une sauce épicée catalane créée en 1950. Elle arrache mais on l'a adoptée. La soirée est agréable et on passe un bon moment au Gallinero (Poulailler)
Quand on sort, il fait nuit mais, comme partout en Espagne, c'est l'heure où les espagnols viennent de terminer de manger et font encore du shopping. La vie en Espagne est en effet totalement décalée du fait des températures extrêmes en journée.
Si Ciutadella est belle de jour, elle est sublime la nuit.

lundi 21 septembre 2026

Cala Santandria

Au petit matin, je pensais profiter de la fraîcheur, en quittant notre appartement surchauffé,
 pour aller chercher des croissants à la boulangerie d'à côté, Passatge Baladre mais en réalité, il fait déjà plus de 30°c.
Je profite toutefois du calme qui règne encore à Cala Blanca pour regarder la mer d'huile qui se présente devant moi au Mirador del Sol Santos.
On prend le temps d'aller nager dans la piscine et on part à pieds vers Cala Santandria, cala voulant dire crique. Car sur Minorque, les plages sont rares, les criques bien plus nombreuses. Celle-ci s'enfonce assez profondément dans les terres, avec une eau turquoise où l'on voit facilement le fond et les poissons. On s'installe sur les rochers, à l'écart de la petite plage.
On nage dans cette mer si chaude, trop chaude sans doute mais le dérèglement climatique fait malheureusement partie de nos vies. Face à nous, à gauche du restaurant, il y a un petit appartement troglodyte. Il faut dire que les falaises et les grottes sont extrêmement nombreuses à Menorca.
Une fois que l'on trouve avoir suffisamment nagé, on part à l'entrée de la crique, au bord des rochers.
Sur l'autre rive, on voit la Torre des Castellar, faisant partie des forts construits par les anglais durant leur occupation sur l'île.
Menorca a été en effet envahie à plusieurs reprises. Tout débute avec les Romains de 121 à 903. Puis ce sont les Almoravides, des Berbères, qui s'installent à Menorca de 903 à 1231. Menorca passe ensuite sous le contrôle du Royaume d'Aragon de 1231 à 1712 avec un éphémère Royaume de Majorque de 1287 à 1344. Les Anglais prennent le pouvoir de 1712 à 1782 interrompu par une occupation du Royaume de France de 1756 à 1763. Le Royaume d'Espagne puis l'Empire d'Espagne prennent le contrôle de Menorca de 1783 à 1798 avant le retour des Anglais de 1798 à 1802. Ils quittent définitivement l'île à cette date. Notons toutefois que Minorca, au contraire des autres îles des Baléares, reste dans la République espagnole opposée au dictateur le Général Francisco Franco (1892-1975) de 1931 à 1939. Ce dernier fera payer à l'île cette opposition en bloquant les crédits à l'île et en privilégiant Mallorca. Avec le recul, cette punition s'est avérée être bénéfique à l'île puisqu'elle a pu éviter le bétonnage de ses côtes comme dans sa grande voisine.
On rentre à notre résidence en passant devant les falaises de Es Clot De Sa Cera depuis lesquelles n'hésitent pas à sauter des plongeurs.