En Juillet dernier, nous sommes allés au Musée des Confluences pour voir, entre autres, l'exposition Zombis, aux origines où nous avions vu un extrait du film sud-coréen de Yeon Sang-ho (1978) sorti en 2016 en salles, 부산행 / Dernier train pour Busan.
Nous n'aimons pas les films où l'on a peur et où on sursaute pour un rien mais lorsque je l'ai vu à l'affiche, je me suis dit que pour poursuivre sur le thème des zombis entamé en Juillet, nous devions aller le voir. C'est donc pas très rassurés que nous sommes allés au Pathé Carré de Soie à Vaulx-en-Velin.En Corée du Sud, un chauffeur est arrêté à un péage par des hommes en tenue de protection contre les risques biologiques. Son camion est totalement décontaminé. Excédé par ces contrôles à répétition, l'homme percute quelque chose. Il réalise qu'il a accroché une biche mais redémarre. La biche se lève soudainement, les yeux blancs avec une démarche étrange. A Séoul, Seok-woo, couriter en bourse vit avec sa fille, Soo-ahn dont c'est l'anniversaire. Elle a un souhait pour cette journée, aller retrouver sa mère qui vit à Busan dans le sud de la Corée du Sud. Son père ne voulant pas la laisser partir seule décide, malgré le peu d'intérêt qu'il lui porte, de faire le voyage en train avec elle. Sur le chemin de la gare, des pompiers et des forces de police foncent toutes sirènes hurlantes vers un immeuble en feu. Alors qu'ils prennent place dans le train, une femme, blessée et saignant beaucoup se réfugie dans les toilettes à l'insu du contrôleur. Tandis que le voyage commence, les infos diffusent des images de manifestations violentes un peu partout dans le pays. C'est à ce moment que la femme blessée sort des toilettes et commence à se transformer comme l'a fait avant elle la biche. Elle se met alors à grogner et va mordre la contrôleuse qui se transforme à son tour. Les deux femmes s'attaquent à des passagers qui se transforment à leur tour. Les passagers qui le peuvent fuient, dont un petit groupe dans lequel se trouvent Seok-woo et Soo-ahn vers les voitures suivantes paniqués par cette épidémie qui voit apparaître des zombis...
Nous avons été positivement surpris par ce film qui s'avère être tout aussi sanglant que n'importe quel autre film d'action où l'on tuerait avec des armes. Il s'avère ici que les armes sont remplacées par des zombis tueurs. Heureusement, ce qui nous rassure assez vite, c'est que ces zombis ne sont pas très futés. Ils ne savent par exemple pas ouvrir une porte et ne voient pas dans le noir. Nos héros vont donc tenter de se sauver durant tout le film en utilisant ces deux faiblesses. Si l'on a sursauté quelques fois, nous n'avons pas été effrayés comme on pensait l'être. Mieux, nous avons ri de certaines situations et pleuré lors de scènes extrêmement émouvantes. Ce film, tourné bien avant la pandémie de la COVID, reprend exactement le fil des événements que nous avons vécu dans tous les pays du monde où tout d'abord nos Gouvernements, qui ne savaient pas grand chose de la situation, ont minimisé l'importance de l'avancée de cette maladie avant de reconnaître qu'une pandémie touchait la planète entière et de prendre des mesures. Mais ce film est sorti après une catastrophe nationale sud-coréenne qui a fait perdre confiance ses habitants en leur Gouvernement. En effet, en 2014, un ferry a coulé faisant 304 victimes. Apparemment, les autorités annonçaient que tout était sous contrôle au moment même où le bateau coulait. Le réalisateur met en images cette désinformation dans son film lorsque le Président de la Corée du Sud apparait sur tous les écrans annonçant à la population que les manifestations sont sous contrôle, qu'il faut toutefois rester chez soi. Au même moment, alors que les télévisions nationales diffusent ces images, les zombis massacrent tous les sud-coréens que ce soit dans les villes où les campagnes. Seule la ville de Busan et sa proche région sont épargnées tout comme elles le furent en 1950 après l'invasion du sud de la Corée par les nord-coréens. Une autre raison pour mettre en avant Busan, est celle que la ville a toujours combattu pour la liberté de la presse et que Busan s'est dressée contre les tentatives de censure du Gouvernement sud-coréen.
부산행 / Dernier train pour Busan nous tient en haleine jusqu'à la dernière minute et au fur et à mesure qu'on avance dans le film, on espère toujours une issue positive. Vient-elle ? On vous laisse le découvrir.
Alors on vous prévient tout de suite, pour revoir un film de zombis, il faudrait qu'il soit dans ce style et de cette qualité.
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