C'est dans l'une des salles du cinéma UGC Astoria à Lyon que nous nous sommes rendus hier au soir pour assister à la projection d'un nouveau film après l'énorme déception du dernier que nous avions vu. Cette fois, c'est un film français de Jean-Paul Salomé (1960) que nous sommes aller découvrir, L'affaire Bojarski.
Le réalisateur s'est inspiré d'une histoire vraie, celle de Czesław Bojarski dit Jan Bojarski (1912-2003) surnommé le "Cézanne de la fausse monnaie". Vous l'avez compris, nous assistons à l'histoire d'un faux monnayeur extrêmement talentueux, sans doute le plus talentueux que notre pays ait pu connaître. Lui s'était attaqué à trois billets : le 1 000 Francs Minerve et Hercule (1945-1955), le 5 000 Francs Terre et Mer (1949-1959) puis le 100 Nouveaux Francs Napoléon (1959-1971).
Le faussaire était tellement doué et comme il travaillait en solitaire, il pu contrefaire des faux billets durant de nombreuses années sans que la police ne parvienne à mettre la main dessus. Alors qu'on sait pertinemment que c'est interdit de fabriquer des faux billets, c'est toujours très excitant de réaliser qu'un homme tel Bojarski a réussi à fabriquer son argent avec une telle précision que même la Banque de France s'y laissait prendre. L'histoire réelle est moins romancée que celle que nous avons vue mais elle reste extrêmement crédible et on réalise le génie que possédait cet homme. Il fabriquait tout : les machines nécessaires à l'imprimerie de ses billets, les plaques pour les presser et jusqu'au papier ! Pour montrer combien il était ingénieux et inventeur, le film est ponctué de petites inventions qu'il met au point pour rester crédible face à sa famille sur les activités professionnelles qui lui prennent autant de temps dans son atelier. On peut citer pêle-mêle le stylo bille, le déodorant à bille, le rasoir jetable et même... la capsule à café. On s'attache très vite à cet homme qui parait être tellement ordinaire mais qui en réalité, fait pousser l'argent. On réalise toutefois combien la tâche est compliquée et combien il est prudent dans les dépenses de ses faux billets qui inondent la France entière. Un Bojarski, car on les appelle comme cela, se vendent à des prix incroyables lors de vente aux enchères. On aime beaucoup également cette idée du jeu du chat et de la souris entre Jan Bojarski joué par Reda Kateb (1977) et le Commissaire André Mattei interprété par Bastien Bouillon (1985). C'est l'époque où les échanges sont certes musclés entre la police et la pègre, voir souvent meurtriers tout en conservant un certain respect d'un côté comme de l'autre. Nous restons vraiment ébahis par les longues heures de travail pour aboutir à la confection de billets quasiment parfait. Cerise sur le gâteau, les premières scènes du film sont jouées à Lyon.L'affaire Bojarski est sans doute l'un des bons films de cette année 2026 et nous vous encourageons à aller le voir.




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