dimanche 6 septembre 2026

Le Vallon du Lhéris

Il faut dépasser le village d'Asté (568 habitants) pour arriver au départ de notre randonnée d'aujourd'hui.
Pas très loin du démarrage, nous découvrons la Fontaine de Crastes qu'on atteint en empruntant un pont construit en 1991 par des élèves d'un lycée et en passant au-dessus du filet d'eau du Ruisseau du Lhéris.
L'eau est de très bonne qualité et cela se sait depuis des siècles puisque Henri IV (1553-1610) Roi de France et de Navarre (1589-1610) venait s'y baigner. Elle permet de soigner les maladies de peau, les plaies et les ulcères car c'est une eau riche en silice et en magnésium. Dans les années 1990, il a été envisagé de la mettre en bouteille pour la vendre mais le projet n'a jamais abouti.
Plusieurs maisons à l'abandon sont visibles dans les parages.
On débute notre ascension sous une forte chaleur et on est plutôt contents d'avoir un semblant de fraîcheur sous la hêtraie. 
Avec la mousse omniprésente, on imagine combien le lieu doit être humide à certaines périodes de l'année
mais avec la chaleur et la présence de nombreuses fougères, nous avons plus l'impression d'être dans un milieu tropical que pyrénéen. 
Car si les plantes et la mousse sont bien vertes, nous sommes ici, comme partout en Europe, en pleine sécheresse. Le Ruisseau du Lhéris est totalement à sec.
On voit le sommet de la montagne qui dépasse au-dessus de la canopée : le Casque du Lhéris (1 595m).
La forêt est très profonde et l'on croise très peu de monde. Parfois, les arbres sont recouverts de mousse.
La montée à travers la hêtraie est de plus en plus en pente et de plus en plus dur.
La lourdeur qui règne maintenant ne vient pas seulement du fait de notre exercice physique du jour. Les températures ont grimpé. Des coups de vent nous font craindre l'arrivée d'un orage. Au moment où nous sortons de la forêt, nous réalisons que le ciel est devenu tout noir. Et ce que nous craignons le plus en randonnée arrive : l'orage !
Les premiers éclairs sont visibles, le tonnerre retentit. Les premières gouttes arrivent, nous enfilons nos coupe-vent. Oui, finalement, nous les utilisons à nouveau au contraire de ce que l'on a pu dire dans un billet précédent. Et là, on réfléchit à ce qu'il convient de faire en pareille situation.
Pour rappel et pour bien l'avoir en tête, voici les consignes si vous êtes surpris par un orage en randonnée, en pleine montagne.
Nous nous éloignons donc du sommet vers lequel nous arrivions presque, nous ne restons pas à découvert dans l'alpage et nous nous approchons d'arbres non isolés et enfin nous nous asseyons. Fort heureusement pour nous, l'orage n'est pas proche et nous sommes bien moins exposés que la fois où nous étions allés faire une randonnée dans la Loire avec nos amis et où la foudre était tombée à quelques mètres de nous. Nous laissons tomber la pluie, abrités par les feuilles des arbres et pique-niquons.
L'orage s'éloigne encore davantage, nous laissant apercevoir le Casque du Lhéris.
La chaleur est de retour, nous nous approchons au plus près de cette très jolie montagne à la forme particulière.
ATTENTION LES IMAGES QUI SUIVENT PEUVENT HEURTER CERTAINES PERSONNES
Dans la montagne, nous sommes en pleine nature et l'on croise ici la victime d'un prédateur. Il s'agit de feu un mouton.
Si l'on se tourne d'un côté, on voit la chaîne des Pyrénées tandis que de l'autre, 
c'est la plaine qui s'étend très loin.
Et c'est le temps de la descente par un autre chemin mais qui nous ramènera à notre point de départ.
J'aime bien cette photo car on réalise bien les proportions en voyant Frédéric, minuscule dans ce paysage.
On traverse les alpages en nous éloignant des troupeaux de moutons.
Là, un arbre pousse au milieu de ce que fut sans doute un abri.
Petit à petit, le Casque de Lhéris disparait.
Face à nous, sur cette colline, si vous regardez bien, vous y verrez quelques ruines de l'ancien hameau du Courtaou du Theilet.
Mais le paysage qui nous surprend le plus, c'est bien entendu celui-ci avec la vue sur le Pic du Midi de Bigorre. 
Ecrasés par la chaleur, nous sommes très contents de pouvoir nous rafraîchir avec l'eau de la Fontaine de Crastes avant de remonter en voiture...

samedi 5 septembre 2026

Une arrivée sous la grêle

Au petit matin, c'est jour de marché à Bagnères-de-Luchon, un marché comme on les aime.
On y reste un moment à nous balader dans les allées, je trouve deux BD chez un bouquiniste et on prend un café à la terrasse d'un bar, tout près du marché. Ce couple de jeunes fromagers a déjà la relève dans le dos de la Maman qui apprend sans doute son futur métier.
On quitte la Haute-Garonne par des routes sinueuses direction les Hautes-Pyrénées pour une arrivée à Loudenvielle (374 habitants), départ d'une remontée mécanique; la Skyvall; vers la station de Peyragudes où nous nous étions rendus en voiture il y a quelques jours. 
C'est également une grande station pour les sports d'été à la montagne et il y a beaucoup de monde.
On se promène un peu aux abords du Lac de Génos surplombé par le Château de Génos dont la présence est attestée dès 1256. En 1532, il est indiqué que les habitants de Génos devaient défendre et entretenir le château. Est-ce sans doute pour cela que plus tard, ils n'hésitaient pas à venir chercher des pierres si bien qu'il fallu voter un arrêté municipal en 1899 pour interdire aux habitants de démanteler ses murs. Sans cela, il n'y aurait aujourd'hui plus aucune trace de ce vestige.
Le cadre est très beau mais la chaleur très forte malgré la proximité de l'eau.
On assiste à la construction d'un nid par cet oiseau.
Même si le village de Loudenvielle est extrêmement joli je ne garde pas personnellement un bon souvenir. Le trajet ? Le repas de la veille ? La marche de la veille ? La chaleur qui est bien remontée ou les quatre réunis m'ont fatigués. J'ai besoin de repos et l'on s'assoit à la terrasse d'un accrobranche à l'ombre dans une relative fraîcheur à me réhydrater tranquillement. On passe là un long moment à regarder enfants et adultes s'amuser à passer d'arbres en arbres.
Alors que je me remets tout juste de ce petit malaise, nous reprenons la route et faisons une halte dans le village d'Arreau (725 habitants). 
Arreau est traversé par deux rivières, la Neste d'Aure et la Neste du Louron. A la confluence nait la Neste.
Le bâtiment qui attire l'œil, c'est la Mairie-Halle 
qui sert à la fois d'Hôtel de Ville à l'étage et d'une place de marché couvert sous les halles.
Pas encore bien en forme, je laisse Frédéric manger une quiche et une salade près du Pont d'Arreau.
Sur le seconde photo du pont, après la maison rouge, on devine le Château de Ségure et plus loin l'Eglise Saint-Exupère construite en 1545.
On y entre pour avoir un peu de fraîcheur.
Au Château des Nestes, on peut voir une ancienne scierie et tout ses canaux pour transporter le bois.
La Maison des Lys porte son nom... par la présence de nombreux lys sur sa façade et date du XVIème siècle.
Remis totalement, nous empruntons maintenant une route mythique pour les cyclistes, celle qui mène au Col d'Aspin (1 493 mètres). Une mode fait que les panneaux de signalisation sont recouverts d'autocollants rendant quasiment impossible la lecture du lieu où l'on se trouve.
Les vaches ignorent totalement les automobilistes, les cyclistes, les randonneurs et ne cherchent qu'à se rafraichir car il fait de plus en plus lourd.
On regarde la route par laquelle nous venons d'accéder au col et on comprend combien les cyclistes doivent s'amuser à la monter et la descendre.
De l'autre côté, c'est le géant de la région : le Pic du Midi de Bigorre (2 876 mètres).
On poursuit notre route pour faire une nouvelle halte à la base nautique de Payolle-Campan en pensant pouvoir nous baigner dans le lac mais malheureusement, comme dans plus en plus de lacs, la baignade est interdite. Nous nous contentons de longer l'Adour de Payolle.
Payolle-Campan a ce petit air de Canada, par son paysage et par les petits chalets qui ressemblent à s'y méprendre à ceux que l'on a pu voir au Québec.
On hâte le pas car un orage arrive au-dessus du Pic du Midi de Bigorre et les éclairs commencent à zébrer le ciel.
Les premières gouttes n'effraient pas les vaches qui s'amusent à créer un petit bouchon.
Nous arrivons à Sainte-Marie de Campan où nous allons passer les trois prochaines nuits. Le village, avec La Séoube et Campan forment le village de Campan (1 245 habitants).
Nous avons tout juste le temps d'arriver sous un orage de grêle suivi par beaucoup de pluie.
Ceci, c'est la vue de notre balcon de notre appartement. Nos voisins vont être très silencieux.
S'il y a une boulangerie pizzéria en bas de notre immeuble, les deux seuls autres commerces sont une épicerie, un bar et ce restaurant. Devant notre immeuble, la statue du cycliste Eugène Christophe (1885-1970) pour lui rendre hommage car lors du Tour de France de 1913, alors qu'il pédale sur l'étape Bayonne à Luchon et qu'il est en tête de la course, il casse la fourche de son vélo dans la descente du Col du Tourmalet. Il continue l'étape à pieds pendant 10km avant d'arriver à Sainte-Marie-de-Campan où il répare sa fourche à la forge de Jospeh Bayle. Alors qu'elle est encore incandescente, il la brandit victorieux face à la malchance. C'est ce geste que reproduit cette statue.
Comme la pluie réapparait, on mange à la maison. Demain, nous allons découvrir ce coin des Hautes-Pyrénées...