lundi 14 septembre 2026

Luz Tyroline

Aujourd'hui, on change de sport car on va passer la matinée chez Luz Tyroline où vont se succéder les tyroliennes, les via ferrata et les ponts népalais.
Tout d'abord, on s'équipe de baudrier, de mousquetons, de gants, d'un casque, On écoute les consignes de sécurité données par notre accompagnateur et on s'échauffe devant lui pour voir si nos gestes sont bons.
Et puis on descend tout au fond de la gorge pour se rapprocher de la Gave de Gavarnie.
C'est le moment de s'élancer à l'assaut de 16 tyroliennes de différentes longueurs entre 40 et 260 mètres, de 4 pont népalais et de 11 via ferrata 💪💪.
Sur les photos suivantes, on se voit équipés tandis que sur la seconde, on devine une personne arrivant à vive allure sur sa tyrolienne tout au fond de la gorge.
On parcoure comme cela deux kilomètres pour arriver quasiment près de notre appartement. Le lieu d'arrivée est un monument célèbre, le Pont Napoléon.
L'Empereur Napoléon III et l'Impératrice Eugénie sont venus suivre une cure à Luz-Saint-Sauveur en 1859. C'est lui qui décide de l'emplacement d'un pont pour enjamber la rivière. Napoléon III l'inaugure en 1863 à 63 mètres au-dessus de la Gave de Gavarnie.
On remonte chez Luz Tyroline ravis de cette activité sportive avant de venir manger à l'appartement. La température ne cesse d'augmenter mais on part quand même se promener.
Dans le quartier thermal, on sent cette atmosphère impériale avec la présence de plusieurs colonnes et de parcs créés à cette époque du Second Empire. Les thermes ont été restaurés
et les anciennes baignoires servent dorénavant de massifs de fleurs.
On voit couler la source et si, au moment de notre promenade il fait très chaud, sa proximité nous donne quelques instants de rafraichissements.
On passe devant l'entrée officielle et monumentale des thermes ainsi que de la maison où le couple impérial a séjourné.
La seule rue de Saint-Sauveur n'est pas large du tout et les trottoirs sont absents.
Une autre colonne porte un nom, c'est la Colonne de la Duchesse de Berry. Ce monument a été érigé en 1828 en hommage à la Duchesse de Berry, à la Princesse des Deux-Siciles, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1789-1870) qui est venue elle aussi faire une cure.
Par un chemin piétonnier, on quitte la route pour aller à Luz-Saint-Sauveur.
Le ciel tourne à l'orage et après avoir bu des rafraichissements à la terrasse d'un bar, on se décide à rentrer par le Chemin de Napoléon III et d'Eugénie. Elle passe par le cimetière qui nous offre une vue sur Luz-Saint-Sauveur. Tout au fond, à droite, c'est le Col du Tourmalet.
L'orage semble se rapprocher à notre arrivée à la Chapelle de Solferino construite elle aussi en 1863 sur ordre de l'Empereur Napoléon III.
Là, deux options s'offrent à nous : soit on attend que l'orage passe ici sous le porche, soit on presse le pas et on marche les trois kilomètres qui nous séparent de notre appartement. Saint-Sauveur est en effet juste en face. On rêve à ce moment d'une tyrolienne qui nous emmènerait directement chez nous.
Faute d'installation, on retourne au Pont Napoléon en passant devant la Colonne Napoléon III inaugurée en 1860, un an après la première visite du couple.
C'est à pieds également qu'on descendra en début de soirée, souper au restaurant Ô Mas Côtes.
Demain, nous changeons à nouveau de logement...

dimanche 13 septembre 2026

Que de monde à Hautacam !

Souvenez-vous, le 12 Août dernier, il y a déjà un mois, l'éclipse solaire faisait la une.
Nos lunettes de protection achetées en pharmacie à Villeurbanne bien en avance, sur notre lieu de vacances, nous avons consulté le site de l'Office du Tourisme qui faisait la publicité pour aller voir l'éclipse en compagnie d'un astronome à Hautacam, une petite station de sport d'hiver, pas très haute en altitude, puisque située à 1 800 mètres mais dont la vue est suffisamment dégagée.
Nous partons donc pour Hautacam et ne tardons pas à vite réaliser que nous ne sommes pas les seuls. Ces petites routes de montagne, pas du tout prévues pour autant de flux de circulation automobile, sont vite engorgées et dès les premiers lacets, on se retrouve dans des files d'attente.
On oublie l'intervention de l'astronome car de toute manière, nous n'atteindrons jamais la station et décidons de nous garer, dans le sens de la descente, en serrant la bordure. On sort la couverture de la malle, on l'installe dans le champ, on prend nos gourdes et un paquet de cacahouètes pour attendre cette éclipse solaire. Voici un instantané. Les voitures sont encore à ce niveau peu nombreuses.
Peu à peu cependant, le nombre d'automobiles augmente mais leurs conducteurs sont encore respectueux du Code de la Route en se garant du même côté.
Et puis la nature humaine refait surface et il suffit d'une personne qui décide de ne pas suivre les règles de bon sens, pour que tout les autres l'imitent.
Si bien que très rapidement, il y a des voitures de chaque côté de l'étroite route rendant par endroits, les croisements impossibles. Débutent alors des concerts d'embouteillages, de demi-tours pour se retrouver dans le sens de la descente, manœuvre non anticipé à l'avance. Bref, c'est l'anarchie et ce n'est pas la pauvre voiture de police qui tente de se frayer un passage qui pourra faire quoi que ce soit.
L'événement reste cependant bon enfant. On regarde les spectateurs s'installer, beaucoup sont venus en famille ou entre amis. Certains ont apporté les repas, d'autres l'apéritif, donnant cette impression que tout le monde souhaite communier ensemble pour cet événement exceptionnel en voulant l'inscrire dans leur mémoire.
Si au démarrage de l'éclipse, munis de nos lunettes on commence à voir le phénomène, rapidement, les nuages s'installent.
Ils deviennent tellement nombreux, que, par prudence, on entame la descente. Et tandis qu'on entre dans le Hameau de Souin; de mémoire; on assiste à la dissipation du soleil et à la vision à près de 99% de l'éclipse. Nous l'avons bien vue avec nos lunettes mais nous n'avons bien entendu pu prendre aucune photo. Celle ci-dessous est issue d'Instagram d'une personne se trouvant également à Hautacam. Notre croissant de Lune était encore plus fin.
Ravis de l'avoir finalement vue, nous rentrons sans encombres à Luz-Saint-Sauveur.
La presse nous apprendra par la suite, que plusieurs centaines de voitures se sont retrouvés bloqués pendant plusieurs heures pour redescendre de la station. Quelle bonne décision nous avons eu de quitter les lieux prématurément.
Après cette longue journée, nous prenons du repos car demain, nous faisons à nouveau du sport...

samedi 12 septembre 2026

Le Cirque de Gavarnie

On préfère vous prévenir de suite car vous allez trouver qu'il y a un genre de voile sur nos photos. C'est malheureusement une conséquence de notre dérèglement climatique qui provoque quantité de terribles incendies. Notre randonnée s'effectue à nouveau tout près de l'Espagne qui en est victime comme beaucoup de pays d'Europe et du monde. Les fumées passent la frontière et viennent envahir la région.
Gavarnie, dont le nom est dorénavant Gavarnie-Gèdre, c'est un tout petit village de 130 habitants qui voit arriver des milliers de randonneurs ou de marcheurs du dimanche chaque année. Il est donc normal selon nous, de payer pour le stationnement, car oui il faut payer pour se garer.
Ici en effet, se trouve un bijou de la nature, le Cirque de Gavarnie composé de plusieurs sommets :
le Petit Astazou (3 013m), le Pic du Marboré (3 251m), le Pic de la Cascade (3 161m), l'Epaule du Marboré (3 073m), la Tour du Marboré (3 012m), le Casque du Marboré (3 000m) et le sommet le plus haut du Cirque de Gavarnie, le Pic du Marboré (3 248m).
On ne va pas se diriger vers le pied du cirque où la promenade est relativement facile et vers lequel la plupart des marcheurs prennent la direction en famille, non, nous allons faire une randonnée bien plus sportive en direction du Petit Piméné (2 647m) et du Piméné (2 801m).
On s'éloigne donc du village assez rapidement en prenant de l'altitude.
Au sortir de la forêt, on rencontre des troupeaux de vaches. Elles semblent être habituées à voir des randonneurs et c'est à peine si elles lèvent le museau à notre passage. Elles sont bien plus occupées à boire ou à brouter. 
Souvent dans un troupeau, il y a toujours une solitaire, plus téméraire, qui est allée voir ailleurs et qui, à notre passage, semble réaliser qu'elle se retrouve toute seule, pas franchement rassurée.
Il est très fréquent, à une certaine altitude, de tomber sur des champs de colchiques et l'on se souvient de cette chanson que l'on a apprise; en tout cas pour notre génération; lorsque l'on était enfant. 

« Colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent, Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été. »

[Refrain]« La feuille d'automne emportée par le vent, en rondes monotones, Tombe en tourbillonnant. »

« Châtaignes dans les bois, se fendent, se fendent, Châtaignes dans les bois, se fendent sous nos pas. »

[Refrain]« La feuille d'automne emportée par le vent, en rondes monotones, Tombe en tourbillonnant. »

« Nuage dans le ciel, s'étire, s'étire, Nuage dans le ciel, s'étire comme une aile. »

[Refrain]« La feuille d'automne emportée par le vent, en rondes monotones, Tombe en tourbillonnant. »

« Et ces chants dans mon cœur, murmurent, murmurent, Et ces chants dans mon cœur, murmurent le bonheur. »

[Refrain]« La feuille d'automne emportée par le vent, en rondes monotones, Tombe en tourbillonnant. »

Si l'on pensait qu'elle était très vieille, nous venons d'apprendre qu'elle a été composée en 1942-1943 pour les Scouts par Jacqueline Debatte (1914-2004) et Francine Cockenpot (1918-2001).
On fait un tout petit crochet par la Cabane du Pailla, tout simplement car c'est joli.
Puis on se remet sur notre chemin de randonnée, la lumière, associée à la fumée des incendies, donne une certaine atmosphère.
Nous sommes maintenant bien éloignés du village de Gavarnie-Gèdre et la montée ne fait que débuter.
Notre point, que nous gardons en visu, est ce refuge perché sur la montagne, le Refuge des Espuguettes.
Et tandis que l'on prend en photos le paysage, on réalise que la Brèche de Roland qui nous semblait être très loin depuis le panorama du Pic du Midi de Bigorre est là, toute proche.
Tellement proche, qu'on multiplie les gros plans car la Brèche de Roland, nous fait remonter à nos cours d'Histoire de primaire.
J'ai en tête, une planche des Editions Rossignol (1946), que nos Maîtres et Maîtresses utilisaient en classe pour nous apprendre tout un tas de choses. J'adorais m'évader à les regarder, à les détailler et à écouter les commentaires. Celle bien entendu de la Bataille de Roncevaux, reste gravée à jamais dans ma mémoire. La voici.
On vous a déjà raconté dans un précédent billet, Les Deux Jumeaux, qu'il y avait quand même pas mal d'erreur sur qui avait attaqué qui, et que finalement, les méchants Sarrasins, les Musulmans, n'étaient pas ceux qui avaient attaqué Roland malgré ce qui est dit dans La chanson de Roland dont le texte a été écrit... 400 ans plus tard à une époque où il fallait trouver des motivations pour que les Chrétiens partent aux Croisades. Au sujet des lieux de cette bataille également, des doutes persistent. Si l'on situe la Bataille de Roncevaux plutôt du côté du Col de Roncevaux, en réalité, les affrontements auraient eu lieu tout du long des Pyrénées, de l'actuel Pays Basque à l'actuelle Catalogne. 
Revenons à la Brèche de Roland. Elle porte ce nom du fait d'une légende. Roland (737-778), neveu de Charlemagne (742-814) Roi des Francs de 768 à 814, Roi des Lombards de 774 à 814 et Empereur d'Occident de 800 à 814, Roland donc aurait tenté de détruire son épée mythique, la célèbre Durandal en la frappant contre la roche à l'issue de la Bataille de Roncevaux pour qu'elle soit détruite et ne tombe pas aux mains de ses ennemis. S'il parvient à faire une brèche dans la montagne, elle ne se casse pas. Il décide alors de la lancer au loin. Durandal s'est plantée alors dans un rocher à Rocamadour... à 300 kilomètres de là. Bon, c'est vrai, à la lecture de tous ces éléments, on réalise que c'est très gros, trop gros mais face à cette montagne coupée en deux, on aime à imaginer que cette légende est vraie.
On poursuit notre chemin,  
en se rapprochant inexorablement du refuge.
Nous voilà arrivés à 2 027 mètres au Refuge des Espuguettes où nous avons été devancés par deux ânes.
Ces deux animaux ne sont pas du tout sauvage et à chaque arrivée d'un nouveau randonneur, ils s'en approchent avec l'espoir de quémander de la nourriture.
La vue est sublime, on décide de manger quelques fruits secs et de boire de l'eau.
Soudain, l'un des deux ânes décide de nous faire un cadeau en prenant la pose devant le Cirque de Gavarnie. Merci à toi Cadichon; pour moi un âne s'appelle forcément Cadichon issu des Mémoires d'un âne (1860) rédigées par la Comtesse De Ségur (1799-1874).
Nous arrivons tout près d'un torrent que l'on traverse à gué
et on se dirige vers le Plateau d'Alans.
On voit arriver un troupeau de moutons, qu'une bergère à cheval tente difficilement de diriger à distance. Sauf que les moutons n'en font qu'à leur tête et qu'ils ne se mettent à obtempérer qu'à l'arrivée du chien de berger qui remet très rapidement de l'ordre dans cette anarchie.
On s'assoit près d'un rocher pour pique-niquer et regarder l'arrivée des moutons à la bergerie 
entourés par des vaches
 et sous la surveillance... d'une marmotte.
Grâce à cette photo panoramique, on réalise la grandeur du plateau avec le Cirque de Gavarnie en fond.
Après notre petit repas, on entame la descente.
Avec la fumée, elle est difficilement visible, nous parlons de la Grande Cascade de Gavarnie haute de 422 mètres faisant de cette chute d'eau, la plus haute de France Métropolitaine et l'une des plus importantes d'Europe. Le débit est plus ou moins impressionnant selon la saison.
Revenons à notre descente qui est sans doute plus sportive que la montée et nous sommes très contents d'avoir nos bâtons car les feuilles mortes rendent l'exercice encore plus difficile. 
A plusieurs reprises on longe des torrents et l'on se rafraichit avec l'eau.
Encore un tout petit effort et nous sommes de retour à Gavarnie-Gèdre.
Après un moment détente à la terrasse d'un bar à boire de rafraichissantes limonades, nous rentrons nous doucher à l'appartement. Ce soir, nous avons rendez-vous...