samedi 19 septembre 2026

Dans le Port d' Barcelone...

Le soleil se lève à Siétamo, c'est sa lumière qui nous réveille avec ses rayons qui entrent dans notre chambre.
Pendant que Frédéric prend sa douche, je regarde la télévision régionale,  qui retransmet en direct, des jeunes qui viennent s'affronter à des taureaux depuis la Plaza de Toros de Huesca près de laquelle nous avions stationné hier au soir.
Après un copieux petit déjeuner qui sort de nos habitudes,
nous quittons, sans avoir eu le temps de le visiter, le village de Siétamo
pour prendre la direction de la Catalogne voisine. Sur la route, une méchante fumée noire nous fait craindre un feu de forêt. C'est malheureusement une exploitation agricole qui brûle et vers laquelle les pompiers se dirigent.
On fait une halte dans une station service pour une pause pipi et pour boire un café. Il y a là toute une collection de pompes à essence de différentes époques.
Nous atteignons une ville que l'on connait bien pour avoir eu la chance d'y être allés plusieurs fois, Barcelone. Mais cette fois, nous ne nous y arrêtons pas puisque nous nous dirigeons vers le Port de Barcelone, car au Pord d'Barcelone, y'a des marins qui chantent !
Ah, non, c'est à Amsterdam 😂.
Mathilde réalise qu'on part donc en bateau et non pas en avion sans encore connaitre sa destination.
Il y a du monde qui prend ce moyen de locomotion et prudemment, 
on se dirige vers notre quai d'embarquement en empruntant l'impressionnante Porta d'Europa, un pont qui permet d'accéder à l'immense jetée où mouillent de gigantesques navires de croisière.
Le terminal de notre compagnie; que nous vous conseillons; c'est Baleària. Dans quelques mois, il y aura un tout nouveau terminal car celui-ci est assez spartiate mais la climatisation est tout de même présente. Il va sans dire qu'il fait également très chaud à Barcelone.
L'heure d'embarquement s'approche et nous sommes invités à monter dans nos voitures pour monter à bord du Margarita Salas, notre ferry. Là, on nous colle une énorme étiquette que Mathilde ne voit pas ! 
Pour vous évitez des recherches, Ciutadella est la deuxième ville la plus importante de l'ile de Minorque dans les Baléares. Car c'est là notre destination.
Nous sommes impressionnés par la manière dont on se gare dans un ferry, les véhicules collés les uns contre les autres dans une sorte de ballet parfaitement organisé, au millimètre près ! Il y a des véhicules dans tous les sens mais rapidement, tous les passagers sont à bord.
Rassurez-vous, on ne va pas passer les 4 heures de traversée assis dans notre voiture, non, nous avons réservé des sièges dans ce bateau flambant neuf à la climatisation poussée à l'extrême.
Dans le ferry, il y a des boutiques pour acheter à manger et tout le confort. On peut marcher et se détendre en allant sur le pont.
Là, comme si nous étions dans un épisode de la série La croisière s'amuse, nous faisons nos au revoir à Barcelone en sortant peu à peu du port et en longeant l'impressionnant cimetière de la ville devant lequel nous étions passé en voiture. 
Le ferry prend de la vitesse et nous sortons du port.
Au bout de quelques heures, nous faisons cette photo en pleine Mer Méditerranée, voguant vers les Îles Baléares... 

vendredi 18 septembre 2026

Las fiestas de San Lorenzo

En ce jour férié, il est temps d'aller chercher Mathilde pour l'emmener en vacances avec nous, quelque part pour le cadeau de ses 18 ans. Elle ne sait toujours pas où elle va lorsqu'on la récupère près de Biscarosse en évitant les zones encore ravagées par les incendies de forêts. Des au revoir à ses parents et à sa sœur, et nous voilà sur la route... direction l'Espagne où nous allons faire étape pour la nuit.
La route que nous prenons pour nous rendre chez nos voisins est sans doute l'une des plus belles que nous ayons empruntée. C'est la N134 en France, la N330 en Espagne qui nous permettent de franchir la frontière en traversant ce très joli coin des Pyrénées. Etant au volant, vous n'aurez aucun témoignage photographique de ce très joli itinéraire. 
Côté Espagne, le paysage change rapidement et devient de plus en plus beau. On réalise que les autoroutes, certaines en construction, sont étonnantes. Sur plusieurs kilomètres en effet, le tracé de la voie opposée est ailleurs, nous donnant l'impression qu'il n'y a qu'un sens à l'autoroute. 
Signalons une chose importante : 90% des autoroutes; en parfait état; sont gratuites dans le Royaume ! 
Si nous posons nos bagages dans notre auberge dans le petit village de Siétamo, c'est à Huesca que nous souhaitons passer l'après-midi et la soirée. Par un défaut d'agenda de ma part, nous nous rendons plus tôt que prévu assister aux Fiestas de San Lorenzo à Huesca dans la Communauté Autonome d'Aragon de la Province de Huesca.  Ces Fêtes de Saint-Laurent se tiennent chaque année à la même période du 09 Août pour prendre fin le 15 Août. 
On stationne près des arènes, la Plaza de Toros.
Les rues sont désertes, il faut dire que la fête n'est pas pour tout de suite; oui je sais, je me suis trompé d'horaire; et que la chaleur est difficilement supportable.
On passe rapidement devant la Catedral de la Transfiguración del Señor. C'est Jacques Ier (1208-1276) Roi d'Aragon de 1214 à 1276 qui demande sa construction car il n'acceptait plus que les catholiques aillent prier à la Mosquée Aljama de Huesca.
San Lorenzo (225-258) né à Huesca; alors appelé Osca;  est mort martyr à Rome en 258 brûlé sur le gril. Il a son effigie un peu partout en ville.
Si les fêtes durent plusieurs jours, c'est le 10 Août le jour le plus important avec des processions où est montré à la foule le buste reliquaire de Saint- Laurent. 
Aujourd'hui, nous assistons à une belle cérémonie également puisque c'est le jour des offrandes de fruits et de fleurs au Saint. Idéalement positionnés, nous assistons à un beau défilé d'hommes, de femmes et d'enfants de tout âge habillés fièrement des costumes traditionnels du Haut-Aragon. Ceux qui ne défilent pas sont tous habillés en blanc, avec un foulard vert pour rappeler le basilic. Le basilic en effet, il y en a de partout et il embaume les rues. 
On passe là un superbe moment où les gens sont fiers de marcher devant nous, les enfants sans doute encore plus. Ils sont très drôles car ils prennent tous la pose. Si certains sourient, beaucoup jouent avec mon objectif. Un jeune garçon; la dernière photo de la planche ci-dessous; me jette un regard avec lequel il semble me lancer un défi. J'aurai voulu vous la partager en grand mais je préfère ne pas diffuser son image sur Internet. Avec la quantité de clichés et de portraits que j'ai, je pourrai en faire profiter la municipalité d'Huesca car je pense avoir pris en photo (presque) la totalité des participants. 
Si au démarrage, les gens défilent en un silence quasiment religieux comme on a pu le ressentir également lors de la Procession du Saint-Sang à Bruges, la tradition espagnole et surtout aragonaise nous apparaît d'abord par des castagnettes puis par des combats de bâtons et d'épées. Aux premières loges, on emmagasine ce moment dans nos mémoires.
Que c'est bon de voir que les traditions perdurent malgré l'uniformisation de nos sociétés.
La défilé terminé, on part faire un tour au marché où l'on pensait avoir du fromage mais ce sont plus des gadgets et des habits. Pour faire de l'ombre, comme sur notre Place Bellecour, des voiles ont été tendus.
On passe la soirée à manger des bocadillos; sandwichs; et des churros à la fête foraine. Même si aucun de nous n'aiment les manèges, on s'amuse à regarder celles et ceux qui vivent des sensations fortes.
Je l'ai su durant la soirée en regardant la presse locale, du fait de violents incendies de forêts dans la région, le feu d'artifice qui devait clôturer les Fiestas de San Lorenzo est annulé par solidarité aux sinistrés.
Les rues d'Huesca se vident, 
nous rentrons à notre auberge à Siétamo.

jeudi 17 septembre 2026

Les marchands du Temple, version 2026

Notre prochaine destination, en cette veille de l'Assomption, c'est Lourdes. 
Ce n'est sans doute pas la meilleure période pour se rendre dans cette ville, d'une part pour le calendrier qui fait se déplacer des milliers de pèlerins et d'autre part par la chaleur extrême qui y règne.
Qui plus est, on entre à Lourdes par, sans doute la pire des entrées, pour rejoindre la Grotte de Massabielle.
Même si nous ne sommes pas pratiquants, on se demande bien comment on en est arrivé à autoriser tous ces commerces qui donnent un air de Marchands du Temple version 2026 de Lourdes où les enseignes lumineuses semblent vouloir hypnotiser le pèlerin et l'éloigner de ses prières. On ne sait plus si on se trouve sur un site religieux ou si on est là pour faire des achats comme on pourrait le faire dans une station balnéaire. La Rue Sainte-Marie, la Rue Saint-Joseph et l'Avenue Bernadette Soubirous sont à éviter totalement ! Vous pouvez également venir par le Boulevard de la Grotte mais là également, il y a quantité de fast-foods, d'hôtels et de vendeurs d'objets religieux pas très catholiques si nous pouvons faire ce jeu de mots.
Enfin on sort de cette cohue pour entrer dans le Sanctuaire de Notre-Dame-de-Lourdes par la Porte Saint-Joseph.
Là, tout s'apaise devant le Monument de Cambrai, don de la Paroisse de Cambrai.
Tout s'apaise sauf bien entendu la fréquentation. Nous n'osons pas imaginer le nombre de personnes qui seront présentes demain 15 Août ! Les pèlerins viennent du monde entier et l'on entend toutes les langues que notre planète peut compter. Imbriquées ensemble, on trouve la Basilique Notre-Dame-du-Rosaire (1889)
 qui est surmontée par une couronne dorée
 et qui abrite la Chapelle de la Résurrection. Juste au-dessus, avec cette haute flèche, c'est la Basilique de l'Immaculée Conception (1871) 
Les édifices religieux sont bordés par la Gave de Pau
et sous la Basilique de l'Immaculée Conception, on trouve la Grotte de Massabielle.
Nous sommes étonnés car s'il y a du monde partout, la file d'attente est quasiment nulle pour entrer dans la grotte. Enfin, c'est plus une avancée du rocher qu'une grotte. La roche est polie par les millions de mains des pèlerins qui viennent la toucher lors de leur bref. Car on ne fait que passer le long de cette toute petite grotte. On s'attendait à bien plus grand. En à peine deux ou trois minutes maximum le pèlerinage est fait. Bien sûr, vous pouvez rester prier devant.
Sur l'autre rive de la Gave de Pau, cette statue qui nous tourne le dos et qui regarde en direction de la grotte, c'est Bernadette Soubirous (1844-1879), lors de la dernière apparition de la Vierge Marie. En effet, les autorités, pour éviter tout débordement, lui avait interdit l'accès immédiat à la Grotte de Massabielle. Car tout part de Bernadette Soubirous à qui la Vierge Marie apparait 18 fois entre le 11 Février et le 16 Juillet 1858 à l'âge de 14 ans. Béatifiée en 1925, elle est canonisée; donc reconnue Sainte; le 8 Décembre 1933 par le Pape Pie XI (1857-1939), Pape de 1922 à 1939.
Sur le site du sanctuaire, il y a quantité d'autres églises, chapelles et autre sites religieux mais la chaleur qui s'abat sur Lourdes, nous fait nous presser à quitter les lieux.
La verdure et les arbres de l'Esplanade du Sanctuaire font descendre les températures de quelques degrés.
On retrouve ici, notre connaissance locale, le Curé d'Ars, Jean-Marie Vianney (1786-1859) que l'on connait bien. Une blague avec ma famille et Annie : il n'a pas de plus longues jambes ici non plus 😂
On parvient à trouver un peu de fraîcheur dans l'étonnante église souterraine, la Basilique Saint Pie X inaugurée en 1958 pour le centième anniversaire des apparitions de la Vierge. Elle est étonnante par sa dimension. On parlait il y a quelques instants du Curé d'Ars, et bien cette église souterraine nous rappelle; avec de plus petites proportions; l'Eglise Notre-Dame-de-la-Miséricorde-d'Ars-sur-Formans dont la construction a été lancée en 1959 pour commémorer là aussi un centième anniversaire, mais ici, la mort du Curé d'Ars.
Tout autour sont exposées des photos de nombreux Saints dont Mère Térésa (1910-1997) canonisée en 2016.
Avant de quitter le sanctuaire, on tombe sur d'immenses affiches annonçant la venue à Lourdes du Pape Léon XIV le 27 Septembre prochain. Verra-t-il tous ces Marchands du Temple à moins que tous ces commerces soient validés par le Vatican.
On fuit Lourdes pour prendre la route pendant plusieurs kilomètres.
Notre point de chute pour la nuit : ce castel à Laglorieuse (626 habitants) dans le Département des Landes, aux portes de Mont-de-Marsan. La chaleur est accablante, malgré la présence d'un étang.
Nous sommes accueillis dans cette maison et débutons de longues conversations avec nos hôtes, qui, malgré un malentendu, nous préparent un repas que l'on partage avec eux. On est étonnés par leurs parcours, plutôt atypique pour leur âge mais très intéressant. Ils ont eu, entre autres, un passé de brocanteurs et cela se ressent dans la décoration de leur demeure. Si l'on aurait pu parler encore longtemps, il est temps de monter nous coucher. Heureusement, un ventilateur au plafond a été installé récemment dans notre chambre ce qui nous apporte une sensation de fraîcheur.