Pour se rendre au phare, on emprunte une route étroite et sinueuse au travers du Cap de Cavalleria.
Le cap est l'endroit où les falaises sont les plus dangereuses avec des hauteurs de 80 mètres. Depuis le Moyen-Âge, on a relevé plus de 700 naufrages. Il faut pourtant attendre 1857 pour voir la construction d'un phare, le Far de Cavalleria. Son sommet se dessine derrière les dunes et les rochers.
On le voit ici avec le symbole de l'île, ces petites barrières de bois. Il ne mesure que 15 mètres mais posé sur une falaise de 80 mètres, il est visible de très loin.
Au large, c'est l'Illot des Pas et l'Illja de Sanjita.
Si on regarde plus loin, on ne voit que l'horizon.
Le Cap de Cavalleria a également abrité des bases militaires.
Dans la roche, a été creusé un bunker. On peut y entrer à la torche de son téléphone portable. Le tunnel prend fin par la vue sur les îles dont nous venons de vous parler, en bout de falaise.
Après avoir bu au bar du phare, et oui, à plus de 40°c on est obligés de boire beaucoup, on décide d'aller voir une autre plage en reprenant la voiture...
Il faut en effet 25 minutes d'une longue marche pour y arriver mais c'est mieux ainsi.
Il y a quelques années, les voitures pouvaient s'approcher au plus près mais dans un souci de préservation de l'environnement, c'est totalement interdit et il faut stationner bien avant.
Une première plage arrive assez rapidement, c'est le Platja de Binimel-là. Au premier plan, vous voyez l'eau du Torrent de s'Alairó.
Si les voitures sont interdites, les autorités doivent également canaliser les personnes se rendant sur les plages ou celles venues randonner en installant une petite corde interdisant l'accès à certaines zones toujours dans l'idée de préservation.
Nous sommes à la Cala des Caló où la terre est totalement rouge. S'il n'y avait pas la mer, on pourrait tourner ici des scènes de film censées se dérouler sur la planète Mars, la planète rouge.
A certains endroits, on a l'impression que la roche a été sculptée par les mains de l'homme. Que nenni ! C'est la Nature qui s'en est chargée.
Voici encore une plage, la Platja de s'Alairó.
Après encore quelques efforts, nous arrivons à ce qui est pour nous LA plus belle plage que nous ayons fréquentée : Cala Pregonda. La plage est un peu plus longue que celles que nous avons pu voir jusqu'à maintenant et des rochers viennent sublimer les lieux. Le plus gros, c'est l'Escull de Pregonda. La plus petite, c'est l'Illot de Pregonda.
L'eau est tellement claire qu'on voit parfaitement les poissons multicolores. Je réalise que les photos prises sur le moment ne donnent pas grand chose lorsqu'on les regarde sur un écran mais on devine des formes bleues.
On s'installe sur la plage et on ne tarde pas à aller nager dans cette eau d'un bleu turquoise. On est tellement bien qu'on part sur la minuscule plage de l'Escull au bout de la flèche rouge. On fait un peu d'exploration sur le rocher avant de retourner, comme pour l'aller, à la nage, prendre le soleil sur la plage où on a installé nos serviettes.
L'Illot a une forme étrange et on y verra... ce que l'on a envie de voir. Chacun peut laisser libre court à son imagination.
Un privilégié à la chance d'avoir sa maison sur la hauteur, ayant la vue sur cette Cala Pregonda.
Très au loin, au Cap de Cavalleria, on devine un phare vers lequel nous décidons de nous rendre après cette journée plage, notre préférée du séjour à Minorque.
Le chemin de retour nous assoiffe tellement qu'un arrêt au Restaurant Binimel-là est obligatoire avant de reprendre la voiture...
Comme à mon habitude, je vais chercher des croissants pour le petit déjeuner et je fais un saut par le bord de mer. Cette petite barrière qui ne paie pas de mine, c'est l'un des symboles de Minorque. Il y en a partout.
Aujourd'hui, on prend de la hauteur car on décide d'aller au sommet de l'île de Minorque, le Monte Toro : 362 mètres. Même si nous sommes habitués par des sommets bien plus importants, depuis ce point de vue, et malgré le ciel chargé en nuages, on peut voir loin. Avec une météo dégagée, on aurait pu voir l'Île de Majorque.
C'est sur ce sommet qu'il y a une statue du Christ, donnant des faux airs de Rio de Janeiro. Le monument a été inauguré en 1928 en hommage aux Minorquins morts durant la Guerre du Rif au Maroc de 1921 à 1927 et qui opposait l'Espagne et la France contre la République du Rif; le Nord du Maroc actuel, état non reconnu par la Communauté Internationale.
Au sommet également, on trouve le Sanctuaire de la Mare de Deù del Toro depuis 1291. A cet endroit en effet, il fut décidé de construire un sanctuaire religieux car un taureau a guidé des Moines ici-même qui ont trouvé une statue de la Vierge Marie. Aujourd'hui vivent encore ici entre 5 à 10 religieuses.
Dans la cour du sanctuaire, une statue rend hommage aux 1 000 Minorquins qui s'exilèrent en Floride aux Etats-Unis en 1768.
La cour justement, on s'y sent très bien.
Dans l'église le mobilier religieux est très riche
et contraste avec les vitraux qui sont d'une étonnante simplicité et naïveté.
On reprend la route direction les plages et les criques du Nord de Minorque...
Au petit matin, muni de notre parasol prêté par Joan notre hôte, nous allons passer quelques heures à la Plage de Cala Blanca. On a bien fait d'arriver tôt car il y a foule et il ne faut pas craindre la proximité de voisins.
Avant le repas de 15h00, on pique une tête dans la piscine de la résidence et puis on reste tranquille dans l'appartement en attendant une éventuelle baisse des températures qui n'aura pas lieu.
Le vent se lève, la chaleur est moins forte et l'on décide de partir au Cap d'Artrutx où les villas très cossues s'étendent le long de la mer. Si cette photo donne l'impression qu'on peut aller se baigner, il n'en n'est rien puisque toute la côte n'est qu'une longue falaise.
Au bout du cap, c'est le Far d'Artrutx construit en 1859 d'une hauteur de 34 mètres. A l'origine, il fonctionnait... à l'huile d'olive ! Il est très beau et ressemble à ces phares tels qu'on peut les imaginer.
S'il est toujours en activité, un restaurant haut de gamme s'est installé à sa base.
La mer est plutôt agitée et de grosses vagues viennent s'abattre sur les falaises. On est bien content de ne pas faire du kayak aujourd'hui.
A Cala en Bosch, il y a également la présence de deux phares, nettement moins imposant.
Un canal, construit par l'Homme,
permet aux bateaux d'entrer se réfugier dans un port de plaisance. On s'amuse à prendre nos ombres en photos sur l'autre rive du canal.
Depuis les rochers situés au-dessus de la Platja de Son Xoriguer, on voit combien les vagues sont importantes, presque les mêmes que l'on peut voir à l'Océan Atlantique.
On boit un coup en grignotant un succulent tacos et en suivant les commentaires que fait Mathilde sur l'entraînement de cette équipe de sportifs.
Le port de plaisance de Cala en Bosch est construit sur une forme circulaire. C'est là qu'on cherche un restaurant en admirant les bateaux, très nombreux. Parfois, ils sont plus traditionnels.
Quand on part en vacances, il y a toujours ce restaurant qu'on aurait pas du choisir, celui qui nous déçoit. Et bien pour ces vacances à Minorque, c'est ce soir ! La nourriture est quelconque et sans nous lancer des fleurs, on fait mieux à la maison. Et puis surtout, niveau présentation des assiettes, choix des aliments, tout semble ne pas avoir changé des repas que l'on pouvait rencontrer sur nos tables familiales dans les années 70 et 80. On a l'impression d'être assis dans un restaurant qui nous aurait transporté dans une bulle temporelle.
Ce n'est pas grave, il fallait un loupé, on l'a eu.
La nuit est tombée sur Cala en Bosch.
On voit la lumière du phare faire son travail et l'on reprend la route direction notre appartement non sans entendre que les embruns gênent la conduite de Frédéric qui ne cesse d'actionner désespérément ses essuie-glaces provoquant encore plus de dégâts car il étale l'eau salée sur le pare-brise. Nous parvenons toutefois à destination, recouverts nous aussi par les embruns...