samedi 3 octobre 2026

Un petit pas de trop

Cette saison, nous avons fait l'impasse sur la programmation du TNP à Villeurbanne car elle n'était pas à notre goût et certains des spectacles proposés l'ont déjà été dans la saison précédente à laquelle nous nous sommes rendus.
Cette saison donc, changement donc de lieu pour nous. C'est à Décines-Charpieu dans la salle Le Toboggan, qui fête cette année ses 30 ans, que nous allons nous rendre pour cet abonnement 2026-2027.
Hier au soir, nous avions notre premier rendez-vous avec un spectacle de danse, Un petit pas de trop.
C'est le chorégraphe et danseur Mourad Merzouki (1973) qui est venu présenter la soirée issue du Festival Karavel qui se tient un peu partout dans la Métropole de Lyon du 25 Septembre au 25 Octobre.
Un petit pas de trop est né de l'imagination de (droite à gauche sur la photo) Kader Attou (1974) qui est également sur scène avec Régis Truchy (?) et Mansour Abdessadok (1983)
Dans sa présentation, Mourad Merzouki explique que Kader Attou possède son univers à lui et bien, un univers tel que le sien, ça fait vraiment du bien. Quel bonheur que cette parenthèse poétique dans un très joli décor où la lumière joue un grand rôle. On adore voir les trois artistes se succéder ou intervenir sur cette scène. Placés au deuxième rang, nous étions aux première loges pour les moindres détails. Que ce soit Kader, Régis ou Mansour, chacun à son propre style qui nous a entraîné dans une soirée à rêver. Le rêve commence avec le décor de cet appartement relié par des escaliers mobiles, des portes et des fenêtres par lesquelles entrent et sortent les danseurs.
Un petit pas de trop nous propose du hip-hop avec des mouvements incroyables. Certains numéros nous rappellent l'univers du cirque, mais également des poursuites de dessins animés et surtout il rend un très bel hommage au cinéma muet et en particulier à Charlie Chaplin (1889-1977). Si certains moments sont graves, d'autres sont émouvants mais l'ensemble est très drôle. Les numéros s'enchainent sans aucune parole, au son de musiques jouées par un phonographe. Du début à la fin, la poésie que l'on nous propose sur scène nous enchante. Le spectacle devient aérien lorsque Kader Attou s'envole dans les airs. Il est extrêmement touchant lorsque Mansour Abdessadok joue avec ses lumières tel un prestidigitateur tandis que Régis Truchy excelle dans la clownerie. Le jeu avec la lumière et l'obscurité est parfaitement contrôlé. L'apparition de faisceaux laser nous subjuguent juste au moment ou l'on entend le discours d'Adenoïd Hynkel, le dictateur de la Tomainia joué par Charlie Chaplin dans le film The great dictator / Le dictateur (1940). On a l'impression que les artistes deviennent prisonniers de ces cages de laser. L'envol des ballons sur scène est encore un très joli moment de poésie. 
Mais surtout, on est impressionnés par les mouvements de danse de ces trois merveilleux artistes qui semblent se défier de l'apesanteur et parviennent à donner l'illusion qu'ils se déplacent de manière totalement différente aux déplacements habituels.
Après une ovation avec une salle où les spectateurs restent debout de longues minutes, on sort la tête vidée de toute notre quotidien et de cette malheureuse actualité en se disant que finalement, si l'Homme peut faire le pire, il peut également créer le meilleur.
Qu'est ce que cela fait du bien !
Merci à Kader Attou, merci à Régis Truchy et merci à Mansour Abdessadok qui nous ont embarqué avec eux dans ce sublime univers qu'a imaginé Kader Attou. On aurait aimé que cela ne se termine jamais.

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