Comme chaque année, tout débute par la Cérémonie d'Ouverture à la Halle Tony Garnier à Lyon.
Cette année, la salle comptait 4 000 spectateurs et de nombreuses célébrités venues passer une belle soirée de cinéma. A la présentation, ce sont toujours Thierry Frémaux (1960) et Irène Jacob (1966) qui montent les premiers sur scène. Cette année, Irène Jacob a fait un très beau discours pour défendre la Paix dans le monde mais aussi chez nous, entre nous mais également pour prévenir que l'obscurantisme, d'où qu'il vienne est dangereux pour notre liberté et plus particulièrement pour notre Culture. La présentation du festival a été lancée par deux films, l'un revenant sur l'entrée dans la 18ème année ans de cet événement, l'autre pour présenter les films en projection dans toutes les salles de cinéma de Lyon et de la Métropole de Lyon du 10 au 18 Octobre 2026.
Fort heureusement, plus aucun politique ne fait de discours, on sent que cette question est brûlante. Pour preuve lorsque la nouvelle Présidente de la Métropole Véronique Sarselli (1968) a été huée par les spectateurs à l'évocation de son nom tandis que le Maire de Lyon, Grégory Doucet (1973) a été chaleureusement applaudi.
Les célébrités commencent à entrer par le rideau rouge et a s'asseoir dans la salle. Notons la présence de Todd Haynes (1961), Zang Ziyi (1979), Alexandra Lamy (1971), Tsui Hark (1951), Guillaume Gallienne (1972), Nicole Garcia (1946), Catherine Corsini (1956), Daniel Brühl (1978), Abel Ferrara (1951), Vincent Perez (1964), Marie-Christine Barrault (1944), Laurent Gerra (1967), Béréngère Krief (1983)...
La soirée s'est poursuivi par un hommage à Catherine Ringer (1957-2026) par Jeanne Cherhal (1978); que nous ne connaissions pas, en reprenant au piano la chanson C'est comme ça (1986).
Toutes les célébrités montent ensuite sur scène Nous déclarons Lumière 2026 le festival de cinéma de Lyon et de la Métropole de Lyon, ouvert !
Il est temps de débuter les projections et la première se fait bien entendu dans cette Halle Tony Garnier.
Direction l'Italie pour un film sorti en salles en 1977 du réalisateur Ettore Scola (1931-2016), Una giornata particolare / Une journée particulière que ni Frédéric ni moi n'avions encore vu.
Le 4 Mai 1938, Adolf Hitler; Führer du Troisième Reich; rend visite à Benito Mussolini Duce du Royaume d'Italie à Rome. Toute la population se presse pour assister à cette rencontre dans la capitale, retransmise en direct sur toutes les radios italiennes de l'E.I.A.R. Dans le même immeuble où résident les fonctionnaires de l'état fasciste avec leurs familles, Antonietta réveille ses six enfants et son époux pour qu'ils se préparent afin d'aller assister à l'événement où tout le monde va. Car en effet, l'immeuble se vide de ses habitants. Seules restent la concierge et Antonietta qui va s'occuper des tâches ménagères dans son appartement. La mère de cette nombreuses famille est épuisée par son quotidien. Alors qu'elle donne des graines à son oiseau, celui-ci s'enfuit de sa cage et s'envole vers un autre appartement où semble se trouver un homme. Cet homme, c'est Gabriele, un présentateur de la radio mis à pied qui déprime. Antonietta vient sonner chez Gabriele. Débute alors un long échange entre ces deux personnes, totalement opposées mais dont la mise à l'écart de la société fasciste va les voir se faire se rapprocher et où chacune va apporter peu à peu du réconfort à l'autre...
Pas de couleur ni de noir-et-blanc pour ce film dont les images sont teintées en marron. Cette couleur apporte une atmosphère particulière à ce huis-clos qui se déroule entre l'appartement d'Antonietta; Sophia Loren (1934) et celui de Gabriele; Marcelo Mastroianni (1924-1996). Ettore Scola emploi également un autre moyen pour donner à son film une originalité rarement vu au cinéma. Comme vous l'avez lu précédemment, l'action se déroule le jour de la visite à Rome d'Adolf Hitler (1889-1945) à Benito Mussolini (1883-1945). Et bien le réalisateur utilise en fond sonore, durant tout le film, la retransmission qu'en avait fait en direct la radio italienne d'alors, la E.I.A.R. (Ente Italiana per le Audizioni Radiofoniche), le média de l'Italie fasciste de 1927 à 1944. Elle sera remplacée par la R.A.I. (Radio Audizioni Italiane). Ce procédé est incroyable car à certains moments, si les discours sont en fond sonore parfois ils font partie intégrante du film quasiment à en faire un personnage. On (re)découvre cette triste période de l'Italie alors sous gouvernement fasciste de 1922 à 1943 et on réalise combien le fanatisme avait atteint toutes les populations. On réalise mais malheureusement on ne s'en étonne plus puisque l'on vit la même chose, 100 ans plus tard après la création du fascisme par Benito Mussolini. Cette idéologie nationaliste autoritaire est très tristement de retour dans notre monde actuel comme l'a si bien dit Irène Jacob dans sa présentation. Ce fascisme est encore plus pernicieux qu'il ne l'était en 1922 et se répand encore plus vite. On assiste dans le film à l'échange entre ces deux victimes du fascisme. Car si pour Antonietta, l'idéologie guide sa vie, elle la rend prisonnière et la cantonne au rôle de génitrice. Gabriele lui est rejeté par ce même fascisme car il n'est pas considéré comme étant un homme du fait de son homosexualité. Les deux vivront donc cette journée telle une parenthèse dans leur vie car si l'une est contrainte de se soumettre à son mari et aux exigences de la vie familiale voulues par le fascisme, l'autre est contraint à la déportation dans un camp de travail car le régime fasciste ne reconnait pas les homosexuels comme faisant partie de leur société modèle.
Cela donne à réfléchir et j'espère que, à quelques mois de l'élection présidentielle, les électeurs auront cette réflexion même si nous en doutons de plus en plus...
.jpg)




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire