On préfère vous prévenir de suite car vous allez trouver qu'il y a un genre de voile sur nos photos. C'est malheureusement une conséquence de notre dérèglement climatique qui provoque quantité de terribles incendies. Notre randonnée s'effectue à nouveau tout près de l'Espagne qui en est victime comme beaucoup de pays d'Europe et du monde. Les fumées passent la frontière et viennent envahir la région.
Gavarnie, dont le nom est dorénavant Gavarnie-Gèdre, c'est un tout petit village de 130 habitants qui voit arriver des milliers de randonneurs ou de marcheurs du dimanche chaque année. Il est donc normal selon nous, de payer pour le stationnement, car oui il faut payer pour se garer.
Ici en effet, se trouve un bijou de la nature, le Cirque de Gavarnie composé de plusieurs sommets :
le Petit Astazou (3 013m), le Pic du Marboré (3 251m), le Pic de la Cascade (3 161m), l'Epaule du Marboré (3 073m), la Tour du Marboré (3 012m), le Casque du Marboré (3 000m) et le sommet le plus haut du Cirque de Gavarnie, le Pic du Marboré (3 248m).
On ne va pas se diriger vers le pied du cirque où la promenade est relativement facile et vers lequel la plupart des marcheurs prennent la direction en famille, non, nous allons faire une randonnée bien plus sportive en direction du Petit Piméné (2 647m) et du Piméné (2 801m).
On s'éloigne donc du village assez rapidement en prenant de l'altitude.
Au sortir de la forêt, on rencontre des troupeaux de vaches. Elles semblent être habituées à voir des randonneurs et c'est à peine si elles lèvent le museau à notre passage. Elles sont bien plus occupées à boire ou à brouter.
Souvent dans un troupeau, il y a toujours une solitaire, plus téméraire, qui est allée voir ailleurs et qui, à notre passage, semble réaliser qu'elle se retrouve toute seule, pas franchement rassurée.
Il est très fréquent, à une certaine altitude, de tomber sur des champs de colchiques et l'on se souvient de cette chanson que l'on a apprise; en tout cas pour notre génération; lorsque l'on était enfant.
«Colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent, Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été.»
[Refrain]«La feuille d'automne emportée par le vent, en rondes monotones, Tombe en tourbillonnant.»
«Châtaignes dans les bois, se fendent, se fendent, Châtaignes dans les bois, se fendent sous nos pas.»
[Refrain]«La feuille d'automne emportée par le vent, en rondes monotones, Tombe en tourbillonnant.»
«Nuage dans le ciel, s'étire, s'étire, Nuage dans le ciel, s'étire comme une aile.»
[Refrain]«La feuille d'automne emportée par le vent, en rondes monotones, Tombe en tourbillonnant.»
«Et ces chants dans mon cœur, murmurent, murmurent, Et ces chants dans mon cœur, murmurent le bonheur.»
[Refrain]«La feuille d'automne emportée par le vent, en rondes monotones, Tombe en tourbillonnant.»
Si l'on pensait qu'elle était très vieille, nous venons d'apprendre qu'elle a été composée en 1942-1943 pour les Scouts par Jacqueline Debatte (1914-2004) et Francine Cockenpot (1918-2001).
On fait un tout petit crochet par la Cabane du Pailla, tout simplement car c'est joli.
Puis on se remet sur notre chemin de randonnée, la lumière, associée à la fumée des incendies, donne une certaine atmosphère.
Nous sommes maintenant bien éloignés du village de Gavarnie-Gèdre et la montée ne fait que débuter.
Notre point, que nous gardons en visu, est ce refuge perché sur la montagne, le Refuge des Espuguettes.
Et tandis que l'on prend en photos le paysage, on réalise que la Brèche de Roland qui nous semblait être très loin depuis le panorama du Pic du Midi de Bigorre est là, toute proche.
Tellement proche, qu'on multiplie les gros plans car la Brèche de Roland, nous fait remonter à nos cours d'Histoire de primaire.
J'ai en tête, une planche des Editions Rossignol (1946), que nos Maîtres et Maîtresses utilisaient en classe pour nous apprendre tout un tas de choses. J'adorais m'évader à les regarder, à les détailler et à écouter les commentaires. Celle bien entendu de la Bataille de Roncevaux, reste gravée à jamais dans ma mémoire. La voici.
On vous a déjà raconté dans un précédent billet, Les Deux Jumeaux, qu'il y avait quand même pas mal d'erreur sur qui avait attaqué qui, et que finalement, les méchants Sarrasins, les Musulmans, n'étaient pas ceux qui avaient attaqué Roland malgré ce qui est dit dans La chanson de Roland dont le texte a été écrit... 400 ans plus tard à une époque où il fallait trouver des motivations pour que les Chrétiens partent aux Croisades. Au sujet des lieux de cette bataille également, des doutes persistent. Si l'on situe la Bataille de Roncevaux plutôt du côté du Col de Roncevaux, en réalité, les affrontements auraient eu lieu tout du long des Pyrénées, de l'actuel Pays Basque à l'actuelle Catalogne.
Revenons à la Brèche de Roland. Elle porte ce nom du fait d'une légende. Roland (737-778), neveu de Charlemagne (742-814) Roi des Francs de 768 à 814, Roi des Lombards de 774 à 814 et Empereur d'Occident de 800 à 814, Roland donc aurait tenté de détruire son épée mythique, la célèbre Durandal en la frappant contre la roche à l'issue de la Bataille de Roncevaux pour qu'elle soit détruite et ne tombe pas aux mains de ses ennemis. S'il parvient à faire une brèche dans la montagne, elle ne se casse pas. Il décide alors de la lancer au loin. Durandal s'est plantée alors dans un rocher à Rocamadour... à 300 kilomètres de là. Bon, c'est vrai, à la lecture de tous ces éléments, on réalise que c'est très gros, trop gros mais face à cette montagne coupée en deux, on aime à imaginer que cette légende est vraie.
On poursuit notre chemin,
en se rapprochant inexorablement du refuge.
Nous voilà arrivés à 2 027 mètres au Refuge des Espuguettes où nous avons été devancés par deux ânes.
Ces deux animaux ne sont pas du tout sauvage et à chaque arrivée d'un nouveau randonneur, ils s'en approchent avec l'espoir de quémander de la nourriture.
La vue est sublime, on décide de manger quelques fruits secs et de boire de l'eau.
Soudain, l'un des deux ânes décide de nous faire un cadeau en prenant la pose devant le Cirque de Gavarnie. Merci à toi Cadichon; pour moi un âne s'appelle forcément Cadichon issu des Mémoires d'un âne (1860) rédigées par la Comtesse De Ségur (1799-1874).
Nous arrivons tout près d'un torrent que l'on traverse à gué
et on se dirige vers le Plateau d'Alans.
On voit arriver un troupeau de moutons, qu'une bergère à cheval tente difficilement de diriger à distance. Sauf que les moutons n'en font qu'à leur tête et qu'ils ne se mettent à obtempérer qu'à l'arrivée du chien de berger qui remet très rapidement de l'ordre dans cette anarchie.
On s'assoit près d'un rocher pour pique-niquer et regarder l'arrivée des moutons à la bergerie
entourés par des vaches
et sous la surveillance... d'une marmotte.
Grâce à cette photo panoramique, on réalise la grandeur du plateau avec le Cirque de Gavarnie en fond.
Après notre petit repas, on entame la descente.
Avec la fumée, elle est difficilement visible, nous parlons de la Grande Cascade de Gavarnie haute de 422 mètres faisant de cette chute d'eau, la plus haute de France Métropolitaine et l'une des plus importantes d'Europe. Le débit est plus ou moins impressionnant selon la saison.
Revenons à notre descente qui est sans doute plus sportive que la montée et nous sommes très contents d'avoir nos bâtons car les feuilles mortes rendent l'exercice encore plus difficile.
A plusieurs reprises on longe des torrents et l'on se rafraichit avec l'eau.
Encore un tout petit effort et nous sommes de retour à Gavarnie-Gèdre.
Après un moment détente à la terrasse d'un bar à boire de rafraichissantes limonades, nous rentrons nous doucher à l'appartement. Ce soir, nous avons rendez-vous...
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