lundi 27 avril 2026

I swear

 

Le Syndrome de Gilles de La Tourette (SGT) tient son nom de celui qui a étudié en premier cette maladie, Georges Gilles de La Tourette (1857-1904), médecin neurologue. De cette maladie, on en parle très rarement et ce que l'on a pu en retenir c'est que les personnes qui en souffrent hurlent des jurons. Ces malades sont, dans la culture populaire souvent tournés en ridicule. Les symptômes réels sont extrêmement nombreux puisqu'ils vont de tics moteurs et de tics sonores, aux troubles du déficit de l'attention, à l'anxiété, en passant par les TOC, l'autisme et bien d'autres. Le Syndrome Gilles de La Tourette serait héréditaire et apparaît chez les enfants autour de 6-7 ans entre 1 à 10 enfants sur 1 000. La maladie est encore mal connue et surtout il y a peu de soins à attendre. C'est tout le sujet de ce film.
I swear, très mal traduit par Plus fort que moi en français aurait du conserver la véritable traduction par un "Je jure" et qui se base sur l'histoire vraie de John Davidson (1971)

Dans les années 80, en Ecosse, l'adolescent John Davidson est bien dans sa peau et est populaire. Son père envisage une carrière de footballeur. Mais un jour, John est secoué par des tics physiques et sonores. Il se met à allonger son coup comme s'il voulait donner un coup de tête, il tend son bras de manière incontrôlable et surtout il émet de grands cris souvent accompagnés de jurons. Personne ne comprend pourquoi il agit de la sorte et petit à petit il est abandonné par sa famille et par son entourage qui le prennent pour un fou. 15 ans plus tard, rien ne s'est arrangé pour John jusqu'au jour où il retrouve un ancien ami de classe, Murray Achenbach qui rentre d'Australie pour rejoindre sa famille. Sa mère, Dottie Achenbach, souffre d'un cancer et n'a que quelques mois à vivre. Lorsque Dottie rencontre John, elle décide de l'aider à s'émanciper de sa mère avec une autre approche, en réduisant les médicaments inefficaces mais qui semblent l'assommer. Elle l'accueille à son domicile et lui trouve du travail avec Tommy Trotter, gardien d'une salle municipale qui va lui aussi beaucoup aider John à s'améliorer. C'est d'ailleurs Tommy qui lui souffle l'idée qu'il devrait parler de sa maladie et faire des conférences au sujet de ce mystérieux Syndrome Gilles de La Tourette. Mais c'est encore trop tôt...
Si l'on ne peut s'empêcher de rire pendant le film, nous sommes dans un premier temps mal à l'aise de le faire car on réalise que les personnes atteintes de cette maladie souffrent énormément, que ce soit avec leurs tics physiques ou leurs tics sonores mais le réalisateur Kirk Jones (1964) nous permet d'en rire en accentuant les jurons, qui en réalité ne sont jamais aussi nombreux. Si le film est drôle, il est surtout extrêmement émouvant et aborde surtout le thème de l'acceptation de la différence. Grâce à John Davidson et grâce à ce film, cette maladie est mise à la une et nous permet d'en savoir un peu plus, de savoir comment faire face si l'on est confronté à l'une de ces personnes. 
John Davidson est en effet un activiste pour parler de cette maladie au plus grand nombre. Il ne cesse de faire des conférences dans les écoles, les universités, les services sociaux, dans les hôpitaux, avec les forces de police... malgré le fait qu'il soit atteint du SGT. Il organise également des rencontres entre malades et parents. Il a même été médaillé pour tous ses efforts en 2019 par la Reine Elizabeth II. Lors de la cérémonie, il hurle, malgré lui, un terrible Fuck the Queen ! La Reine n'en tiendra pas compte car elle connait les effets du syndrome. Si le film reste résolument positif avec l'apparition d'une sorte de montre qui permettrait de diminuer les symptômes, encore aujourd'hui, aucun traitement n'a été trouvé. Mais les recherches se poursuivent et les associations se créent un peu partout comme a pu nous le dire, après le film, la maman d'un enfant de 10 ans atteint de cette maladie.
I swear est sans doute l'un des meilleurs films de cette année 2026.
Précipitez-vous dans les salles pour aller le voir.

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