samedi 28 mars 2026

Traviata - Vous méritez un avenir meilleur


Hier au soir, nous nous sommes rendus au TNP à Villeurbanne pour assister à un spectacle qui revisite l'opéra en trois actes La Traviata (1853) de l'italien Giuseppe Verdi (1813-1901). Verdi avait déjà adapté quant à lui son opéra avec le roman d'Alexandre Dumas; fils; (1824-1895) La dame aux camélias (1848). Au TNP, ce sont Benjamin Lazar (1977), Florent Hubert (?) et Judith Chemla (1983) qui nous en proposent une adaptation contemporaine. Les trois artistes mêlent la musique et les chansons de La Traviata mais également les textes de La dame aux camélias en passant du français à l'italien, de l'italien au français. Pour ceux qui ne connaissent pas la langue de nos voisins, un sur titrage est diffusé au-dessus de la scène. 
A Paris dans les années 1880, Violetta Valéry donne une fête où sont présents de très nombreux amis. Des drogues circulent transportant les convives dans une autre réalité, leur provoquant des hallucinations ou les faisant agir de façon immorale, le tout dans une énorme et joyeuse pagaille. Alfredo Germont fait son apparition à cette fête et tombe éperdument amoureux de Violetta qui succombe elle aussi à un coup de foudre. Mais Giorgio Germont, le père d'Alfredo ne voit pas cette relation d'un très bon œil et va profiter de l'absence de son fils pour exiger de la part de Violetta qu'elle mette fin à cette relation...
N'interrogez pas Frédéric au sujet de ce spectacle. Il n'a rien vu et sans doute rien entendu. En effet, son voyage en Tchéquie l'a fatigué et durant toute la représentation... Monsieur a dormi ! A l'issue des deux heures de spectacle, je n'ai même pas pu comparer mon ressenti avec le sien puisqu'il n'a rien vu. A peine a-t-il du entendre la pauvre femme assise tout près de nous qui a pris une quinte de toux à ne plus pouvoir s'arrêter. 
Mais revenons à Traviata - vous méritez un avenir meilleur avec moi comme seul témoin.
Une fois encore, le décor est minimaliste mais j'ai beaucoup apprécié les jolis et nombreux bouquets de fleurs disposés sur scène durant toute la représentation. La grande partie du premier acte voit les comédiennes, comédiens, les musiciennes et musiciens déambuler sous un voile. Sans doute le voile que leur procure les drogues dans leur cerveau. La particularité effectivement c'est la présence des musiciens sur scène qui chantent, dansent, récitent leurs textes et jouent de leurs instruments. Ce sont des artistes complets tout comme l'est Judith Chemla, qui joue souffrante ce soir là. Si le Directeur de l'Opéra de Lyon ne nous avait pas donné l'information, nous ne nous en serions pas rendu compte, si ce n'est une timide toux à un seul moment dans la soirée. 
Parler tantôt en français, tantôt en italien est assez déroutant, et encore, pour ma part, j'ai la chance de comprendre l'italien. Cela provoque une sensation de brouhaha continu donnant l'impression d'une belle pagaille où personne ne s'écoute et où tout le monde parle ou chante dans son coin. C'est parfois pénible.
J'ai aimé les reprises des airs issus de La Traviata que l'on connait tous et que l'on se voit fredonner en sortant du théâtre.
Côté texte, j'ai beaucoup aimé, avant le dernier acte, la scène dans laquelle le médecin prépare, avec une prostituée, les petits sachets qui contiennent des pilules qui vont être distribuées lors de la fête. La femme, plutôt que de faire ses sachets, consomment les drogues tandis que le médecin raconte des anecdotes lorsqu'il effectue des opérations car il est chirurgien. C'est très drôle et cela apporte un peu de fraîcheur et de respiration dans ce spectacle extrêmement dramatique. 
Si je ne me suis pas embêté, je pense qu'en y réfléchissant, assister à une représentation du véritable opéra La Traviata aurait été préférable car pour moi, il y a eu trop de mélanges entre chants et dialogues qui m'ont souvent perdus.
Traviata - vous méritez un avenir meilleur reste toutefois un bon spectacle que je ne regrette pas d'être allé voir sans qu'il n'accède dans la liste des bons spectacles vus au TNP.
 


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