Vendredi soir donc, nous sommes partis voir l'un d'entre eux. Il s'agit d'un film qui nous vient du Danemark et de Suède, réalisé par le danois Anders Tomas Jensen (1972), Den sidste viking / The last Viking. En France, il a été décidé de ne pas traduire le titre du film; ce qui est ridicule; car que ce soit en danois ou en anglais, la traduction aurait très bien pu se faire par Le dernier Viking.
Ce film est un bijou et sans doute l'un des meilleurs de cette année 2026.
On l'a vu en V.O. mais ça n'a rien enlevé à l'attrait pour cette histoire, bien au contraire.
Un conte scandinave raconte l'Histoire d'une tribu viking. Le fils du chef, fait l'acquisition d'une hache bien trop lourde pour lui qui est encore tout frêle. Un jour, alors que d'autres vikings viennent les attaquer, sa hache le ralentissant, il ne parvient pas à entrer dans le village et au moment où les lourdes portes se ferment, il ne parvient qu'à glisser un bras qui est sectionné net. Le jeune garçon survit à cette blessure mais se sent différent, rejeté, mal aimé. Son père cependant l'adore. Il l'aime tellement que pour qu'il n'y ait aucune différence avec lui, il fait couper un bras à tous les hommes et garçons de sa tribu. Il n'y a alors plus aucune différence et le jeune garçon a retrouvé sa joie de vivre... Ce conte s'interrompt par l'apparition d'un homme, Anker, qui cache dans une consigne un sac rempli de billets du vol qu'il vient de commettre. Il se réfugie à son appartement où vit sa sœur Freja et son frère Manfred. Il demande à son frère d'avaler la clef, ce dernier s'exécute avant même d'entendre toutes les consignes. Manfred souffre en effet de troubles dissociatifs de l'identité mais il promet à Anker de lui obéir. La police prend d'assaut l'appartement, Anker est arrêté. 15 ans plus tard, il est libéré pour bonne conduite. Dès sa sortie, il se rue à son appartement où il retrouve Freja et Manfred. Malheureusement, l'état de son jeune frère a empiré et il réagit très violemment lorsqu'il s'adresse à lui en utilisant le nom de Manfred. En effet, depuis 15 ans, il se fait appeler John car il est persuadé être John Lennon...
Au démarrage de cette comédie noire, lors du récit du conte, on se demande si on ne s'est pas trompés de salle mais on ne vous en dit pas plus sur son introduction, très réussie. On vous alerte sur le fait que le sang coule à flots, que la violence est omniprésente, dans le genre des films de Quentin Tarantino (1963) ou de Bong Joon-ho (1969) ou de Kim Jee-woon (1964). Comme dans les films de ses autres réalisateurs Anders Tomas Jensen parvient à faire rire sur cette violence mais également sur le thème de la maladie psychiatrique. On retrouve en effet dans l'histoire, toute une série de personnages haut en couleurs et on se demande d'ailleurs s'il y a quelqu'un de sain d'esprit. Finalement, c'est sans doute Manfred qui apparait étant le plus "censé". On aime la manière dont le réalisateur parle de ces troubles de personnalité, de ces maladies psychiatriques, mais aussi de ses conséquences que sont l'exclusion, le rejet, la peur, la honte. Il traite également l'épineux sujet de la maltraitance et les tragédies qui peuvent mener à y mettre fin. Il parle aussi des non dits, des choses que l'on cache ou que l'on se cache pour oublier ou faire comme si on avait oublié. Tous ces sujets, très sérieux, sont traités très subtilement, avec beaucoup d'humour. Si habituellement, la psychiatrie nous effraie, je l'avoue, nous l'appréhendons avec ce film différemment. On réalise combien cette petite communauté de gens différents, se crée sous nos yeux dans cette impressionnante maison en plein milieu de la forêt. On s'attendrit devant leurs difficultés et on s'étonne à rire de situations qui ne sont pas drôles du tout si elles n'étaient pas dans ce film, jouées par une pléiade d'acteurs et d'actrices tous excellents à commencer par Mads Mikkelsen (1965). Citons également Nikolaj Lie Kaas (1973), Sofie Gråbøl (1968), Søren Malling (1964), Lars Brygmann (1957), Kardo Razzazi (1985), Bodil Jørgensen (1961).
Enfin, le réalisateur a eu une idée de génie en imaginant que ses héros vont, du fait de leurs troubles de la personnalité, (re)créer les Beatles ! Hamdan joué par Kardo Razzazi a une très belle voix et son personnage d'homme torturé par ses très nombreuses personnalités est hilarant !
On a beaucoup aimé les paysages de cette sublime forêt où se déroule la grande majorité du films et on a adoré les chansons de deux groupes mythiques : les Beatles et ABBA.
Den sidste viking / The last Viking c'est du GRAND cinéma, du genre des films qui laissent une empreinte dans notre mémoire.
Plus une seconde à perdre, filez vite dans votre salle de ciné la plus proche pour aller le voir.

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